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Quelle est l'origine de l'expression « Wild goose chase » ?

La signification de l'expression

« Wild goose chase » désigne une entreprise ou une poursuite vaine et sans espoir d'aboutir.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « Wild goose chase » ?

Cette expression est ancienne et semble être l’une des nombreuses expressions introduites dans la langue par Shakespeare. La citation la plus ancienne connue provient de Romeo and Juliet, 1592 :

Romeo: Switch and spurs, switch and spurs; or I’ll cry a match.

Mercutio: Nay, if thy wits run the wild-goose chase, I have done, for thou hast more of the wild-goose in one of thy wits than, I am sure, I have in my whole five.

[Roméo : À toute allure, à toute allure, sinon je crie victoire. Mercutio : Non, si ton esprit se lance dans la « wild-goose chase », j’abandonne, car tu as plus d’oie sauvage dans un seul de tes esprits que je n’en ai, j’en suis sûr, dans mes cinq réunis.]

Dans notre usage actuel, l’expression évoque une entreprise vouée à l’échec, et il est difficile d’imaginer quelque chose de plus voué à l’échec qu’une tentative d’attraper une oie sauvage en la poursuivant à la course. Mais notre compréhension du terme diffère de celle en vigueur à l’époque de Shakespeare. Le sens premier ne se rapportait pas à la chasse mais aux courses de chevaux. Une « wild goose chase » était une course dans laquelle les chevaux suivaient un cheval de tête à distance fixe, imitant le vol en formation des oies sauvages. Ce lien avec l’équitation apparaît quelques années avant l’usage de Shakespeare, dans le manuel d’équitation de Gervase Markham, A Discource of Horsmanshippe, 1593. Markham y décrit longuement les règles de cette course, dont l’essentiel est que les chevaux se suivent les uns les autres comme des oies en vol :

The Wild-goose chase being started, in which the hindmost Horse is bound to follow the formost, and you hauing the leading, hold a hard hand of your Horse, and make hym gallop softly at great ease, insomuch, that perceiuing your aduersarie striue to take the leading from you, suffer him to come so néere you, that his Horses head may wel nye touch your Horses buttocke, which when you sée, clappe your left spurre in your horses side, and wheele him suddainlie halfe about on your right hand, and then take him vp againe, till such time that he be come to you againe: thus may you doo of eyther hand which you will, and in neuer a one of these turnes, but you shall throw him that rides against you, at least twenty or thirtie yardes behind you, so that whilst you ride at your ease, he shal be forst continually to come vp to you vpon the spures, which must wearie the best Horse in the world. Also in thys match, gette your law in the Wild-goose chase, which is most vsually twelue score to bee twentie score, that if your aduersary chaunce to haue more spéede then you, yet with your truth and toughnes, you may recouer him: for that Horse that lets another ouer-runne hym twenty score at the first in a wild-goose chase, it is pyttie he should euer be hunter.

[La wild-goose chase une fois lancée, le cheval de derrière doit suivre celui de devant. Vous qui menez, tenez fermement la bride et faites-le galoper doucement, de sorte que, si votre adversaire cherche à vous dépasser, vous le laissiez s’approcher jusqu’à ce que la tête de son cheval touche presque la croupe du vôtre. Alors, donnez un coup d’éperon gauche, faites pivoter brusquement votre cheval à droite, puis reprenez-le jusqu’à ce qu’il revienne près de vous. Vous pouvez répéter la manœuvre de chaque côté, laissant chaque fois votre adversaire à vingt ou trente mètres derrière, obligé de vous rattraper sans cesse à coups d’éperons, ce qui épuisera le meilleur cheval du monde. Fixez aussi votre avance, généralement de douze à vingt longueurs, afin que même si l’adversaire se révèle plus rapide, votre endurance vous permette de le rattraper : car le cheval qui se laisse distancer de vingt longueurs dès le départ ne mérite guère d’être appelé chasseur.]

Ce sens s’était perdu au XIXe siècle. Dans son Classical Dictionary of the Vulgar Tongue, 1811, Grose définit le terme à peu près comme nous le faisons aujourd’hui :

“A tedious uncertain pursuit, like the following a flock of wild geese, who are remarkably shy.”

[« Une poursuite fastidieuse et incertaine, comme le fait de suivre un vol d’oies sauvages, qui sont remarquablement farouches. »]

Le film de 1978 ‘The Wild Geese’ fait allusion à l’expression dans son titre. Celui-ci renvoie aux mercenaires irlandais qui « s’envolèrent » d’Irlande pour servir dans diverses armées européennes du XVIe au XVIIIe siècle. L’intrigue met en scène un groupe de mercenaires se lançant dans une mission quasi impossible. Bien sûr, le quasi-impossible ne fait pas peur aux héros d’action, et ils réussissent à capturer leur proie.

Voir d’autres expressions consignées pour la première fois par le capitaine Francis Grose.