Quelle est l'origine de cette expression ?
« Until we meet again » signifie « au revoir pour l’instant », une façon de dire adieu qui promet que la séparation ne sera que temporaire. La formule est bien plus ancienne que n’importe quelle chanson qui la porte : Shakespeare la met dans la bouche de deux personnages dans les années 1590, et elle est depuis un adieu anglais tout à fait courant.
Quelle est l’origine de l’expression « until we meet again » ?
L’origine précise de l’expression « until we meet again » demeure incertaine, même si l’on peut dire qu’elle semble avoir été popularisée par le chanteur et acteur américain Roy Rogers, avec sa formule :
« Until we meet again, may the good Lord take a liking to you. »
[« Jusqu’à ce que l’on se revoie, que le bon Dieu vous prenne en affection. »]
C’est une manière de dire au revoir tout en souhaitant le meilleur à la personne, ou aux personnes, jusqu’à ce que l’occasion se représente de se revoir.
L’expression « until we meet again » peut remplacer le mot « goodbye » pour plusieurs raisons. Si l’on s’est attaché à la personne en question, on peut vouloir lui rappeler, ou insister sur le fait, que la séparation ne sera que temporaire, en particulier si l’on prévoit déjà de la revoir. L’expression nourrit aussi l’espoir de se retrouver, et elle apporte une variation bienvenue par rapport au simple « goodbye ».
L’expression existe également en latin, sous la forme « Ad occursum futurum (nostri) », que l’on peut traduire par « jusqu’à une future rencontre (de nous) ».
La formule exacte remonte au moins à l’époque élisabéthaine, et Shakespeare l’emploie à deux reprises. Dans Henry VI, troisième partie, Edward prend congé de ses seigneurs avant la bataille entre Towton et Saxton : « Now, lords, take leave until we meet again, / Where’er it be, in heaven or in earth. » [« Maintenant, seigneurs, prenons congé jusqu’à ce que l’on se revoie, où que ce soit, au ciel ou sur terre. »] Dans Richard III, Rivers la prononce en chemin vers son exécution à Pomfret : « Come, Grey, come, Vaughan, let us here embrace. Farewell, until we meet again in heaven. » [« Venez, Grey, venez, Vaughan, embrassons-nous ici. Adieu, jusqu’à ce que l’on se revoie au ciel. »] Le sens est le même dans les deux cas, celui d’aujourd’hui : un adieu qui laisse entrevoir des retrouvailles, lesquelles pourraient bien avoir lieu après la mort plutôt qu’avant.
Si Roy Rogers en a effectivement fait sa formule de signature, il puisait alors dans une expression imprimée depuis plus de trois siècles.
Deux chansons ont ancré l’expression dans les oreilles de bien des gens, et la première d’entre elles est un hymne religieux. Jeremiah Rankin, pasteur de la First Congregational Church de Washington, a écrit « God Be With You Till We Meet Again » en s’appuyant sur l’étymologie de « goodbye », qui est la contraction de « God be with you » (que Dieu soit avec vous). Le Tabernacle Choir date cet hymne de 1882 et rapporte le témoignage de Rankin lui-même : il « a été composé délibérément comme un hymne chrétien à partir de l’étymologie de goodbye, qui est God be with you ». Il avait puisé cette idée dans la définition d’un dictionnaire, et William Tomer, directeur musical de la Grace Methodist Episcopal Church, en a composé la mélodie.
La seconde chanson date de la guerre. « Till We Meet Again », avec une musique de Richard A. Whiting et des paroles de Raymond B. Egan, fut publiée à New York et à Detroit par Jerome H. Remick and Co., et la partition porte le tampon « Copyright MCMXVIII », c’est à dire 1918. Elle parut lors de la dernière année de la Première Guerre mondiale, et pour beaucoup, l’expression évoque encore aujourd’hui ces paroles.
La langue anglaise conserve un vaste répertoire de ces formules d’adieu, parmi lesquelles l’emprunt « hasta la vista » et l’expression familière « toodle-oo ». Ces deux-là referment simplement la conversation. Celle-ci, en revanche, contient aussi une promesse quant à la prochaine rencontre.
Quels sont quelques usages notables de l’expression « until we meet again » ?
Outre son emploi dans la conversation courante, on retrouve l’expression « until we meet again » dans des œuvres littéraires, comme dans The Grapes of Wrath (Les Raisins de la colère) de John Steinbeck.
L’expression est souvent utilisée dans les films Disney lors de scènes d’adieux émouvantes, afin de souligner l’espoir et la certitude de retrouvailles futures. Elle apparaît également dans le film classique Casablanca, sorti en 1942.
« Until we meet again » fut aussi une formule fréquemment employée par l’ancien Premier ministre britannique pour exprimer espoir et résilience au fil de ses nombreux discours durant la Seconde Guerre mondiale.
Le sentiment de l’expression, sans en reprendre le libellé exact, se retrouve dans la chanson « We’ll Meet Again » de Vera Lynn, sortie en 1939, ainsi que dans le célèbre chant de Robert Burns « Auld Lang Syne », qui remonte à 1788.