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Quelle est l'origine de l'expression « Grist to the mill » ?

La signification de l'expression

Se dit de tout ce qui peut être utilisé à son avantage ou tourné en profit, aussi insignifiant cela paraisse-t-il au départ.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « Grist to the mill » ?

Le grist désigne le grain apporté au moulin pour y être moulu en farine. À l’époque où les fermiers apportaient leur « grist to the mill », l’expression était employée au sens propre pour désigner une production source de profit.

Un des premiers emplois figurés de l’expression se trouve dans la traduction par Arthur Golding des Sermons de J. Calvin sur le Deutéronome, en 1583 :

“There is no lykelihoode that those thinges will bring gryst to the mill.” [Il n’y a aucune chance que ces choses apportent du grain au moulin.]

De nombreux moulins à grain existent encore aujourd’hui, et chacun se spécialisait dans le type de céréale le plus courant de sa région : blé, sarrasin, avoine, maïs, etc. Le lien entre le grist et le moulin était bien établi, et l’expression figurait aussi comme proverbiale dans l’ouvrage de William Camden, Remaines of a Greater Worke Concerning Britaine, 1605 :

“The horse that is next the mill, carries all the grist.” [Le cheval le plus proche du moulin transporte tout le grain.]

Le grist désigne généralement le grain non moulu. À l’époque où l’expression a été forgée, au Royaume-Uni, au Moyen Âge, le mot corn désignait le blé, contrairement à son sens actuel dans de nombreuses autres régions du monde, où il signifie ce que les Britanniques appellent maize.

L’avoine décortiquée mais non moulue est appelée grit. C’est de là que vient le nom de cette bouillie épaisse à base de maïs très répandue dans le sud des États-Unis, les « grits ». Il existe donc un lien à la fois linguistique et culinaire entre grist et grits, bien que ce ne soit pas une simple coïncidence orthographique : les deux mots dérivent du verbe grind, moudre.

« Grist to the mill » est toujours employée aujourd’hui, quoique moins fréquemment que dans ma jeunesse, dans les années 1960. S’il était encore en vie pour le constater, cela aurait sans doute réjoui George Orwell, qui qualifiait cette expression de « métaphore moribonde » dans son essai Politics and the English Language, en 1946 :

“Dying metaphors … a huge dump of worn-out metaphors which have lost all evocative power and are merely used because they save people the trouble of inventing phrases for themselves. Examples are: Ring the changes on, take up the cudgels for, toe the line, ride roughshod over, stand shoulder to shoulder with, play into the hands of, no axe to grind, grist to the mill, …” [Métaphores moribondes … un immense tas de métaphores usées qui ont perdu tout pouvoir évocateur et ne servent qu’à épargner aux gens la peine d’inventer leurs propres formules. En voici des exemples : sonner les changements sur, prendre fait et cause pour, marcher au pas, mener rudement, se tenir épaule contre épaule avec, jouer le jeu de, n’avoir aucune hache à aiguiser, grist to the mill, …]