Français

Quelle est l'origine de l'expression « When in Rome, do as the Romans do » ?

La signification de l'expression

« When in Rome, do as the Romans do » signifie qu'il faut adopter les coutumes et les usages du lieu où l'on se trouve, plutôt que d'y imposer les siens.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de la phrase « When in Rome, do as the Romans do » ?

Pourquoi un proverbe anglais désignerait-il Rome et les valeurs romaines comme un modèle particulier à suivre ? N’aurait-on pas pu avoir un « when in Ipswich, do as the Ipswichians do », par exemple ? Il s’avère que tout cela tient aux déplacements de deux saints du christianisme primitif.

St Augustine : Letters Volume I a été traduit du latin par Sœur W. Parsons et publié en 1951. La Letter 54 to Januarius contient ce texte original, qui date d’environ 390 après J.-C. :

… Romanum venio, ieiuno Sabbato; hic sum, non ieiuno: sic etiam tu, ad quam forte ecclesiam veneris, eius morem serva, si cuiquam non vis esse scandalum nec quemquam tibi.

qui a été traduit ainsi :

When I go to Rome, I fast on Saturday, but here [Milan] I do not. Do you also follow the custom of whatever church you attend, if you do not want to give or receive scandal. [Quand je vais à Rome, je jeûne le samedi, mais ici (à Milan) je ne le fais pas. Suis toi aussi la coutume de l’église que tu fréquentes, si tu ne veux ni donner ni recevoir de scandale.]

Januarius, plus tard canonisé comme saint martyr, était alors évêque de Naples.

Ce texte fait remonter la source du proverbe au moins aux débuts de l’Église chrétienne. La souplesse dogmatique et l’acceptation des pratiques religieuses et sociales d’autres cultures qu’il implique semblent plus proches des enseignements bouddhistes contemporains du Dalaï Lama que de ceux des autorités chrétiennes actuelles.

L’usage du proverbe en anglais n’est attesté que bien plus tard, en plein Moyen Âge.

L’écrivain anglais Henry Porter s’est approché de la version actuelle du proverbe dans sa pièce The pleasant history of the two angry women of Abington, en 1599 :

Nay, I hope, as I have temperance to forbear drink, so have I patience to endure drink: Ile do as company dooth; for when a man doth to Rome come, he must do as there is done. [Non, j’espère, comme j’ai la sobriété de m’abstenir de boire, avoir aussi la patience de le supporter : je ferai comme la compagnie fait ; car quand un homme vient à Rome, il doit faire comme on y fait.]

Les Interesting letters of Pope Clement XIV [alias Lorenzo Ganganelli] ont été publiées en 1777. La Letter XLIV [au Prieur Dom Galliard] contient la plus ancienne version imprimée du proverbe telle qu’elle est utilisée aujourd’hui en anglais que l’on ait pu trouver :

The siesto, or afternoon’s nap of Italy, my most dear and reverend Father, would not have alarmed you so much, if you had recollected, that when we are at Rome, we should do as the Romans do. [La siesta, ou petit somme de l’après-midi en Italie, mon très cher et révérend Père, ne vous aurait pas autant alarmé si vous vous étiez souvenu que lorsque nous sommes à Rome, nous devons faire comme les Romains.]

Le proverbe est devenu tellement rebattu qu’il a été adapté à de nombreux autres lieux, une recherche sur internet en fait apparaître des milliers de variantes. Sa notoriété, et le fait que tout le monde en connaît la fin, ont conduit à l’usage d’une version abrégée : « when in Rome… ». Cela remonte au moins aux années 1930, époque à laquelle une pièce portant ce titre, écrite par Charles Faber, a été jouée à New York.