Quelle est l'origine de cette expression ?
Quelle est l’origine de l’expression « Bought the farm » ?
« Bought the farm » est une expression du XXe siècle et toutes les premières références s’y rapportant concernent l’armée américaine. Le New York Times Magazine, en mars 1954, proposait une expression apparentée dans un glossaire d’argot de pilotes de chasse :
“Bought a plot, had a fatal crash.” [« A acheté une concession, a eu un accident mortel. »]
Cela fait clairement référence à une concession funéraire. Le verbe « acheter » dans ce cas ne suggère probablement aucun achat réel ou potentiel, mais renvoie à un usage antérieur de « bought it », c’est à dire « être tué ». Cet usage remonte au moins au début du XXe siècle. Cet exemple de 1943 n’est pas le plus ancien, mais il rend le sens explicite. Il provient de l’ouvrage de Cyril Ward-Jackson, It’s a piece of cake ; or, R.A.F. slang made easy :
“He’s bought it, he is dead, that is, he has paid with his life.” [« Il l’a acheté, il est mort, c’est à dire qu’il a payé de sa vie. »]
Les références précises à « the farm » apparaissent un peu plus tard. Des témoignages font état de l’usage de l’expression dans l’armée américaine à partir de 1955. Voici une citation de 1963, tirée de l’ouvrage d’Ed Miller, Exile to the Stars :
“The police dispatcher says a plane just bought the farm.” [« Le répartiteur de la police dit qu’un avion vient d’acheter la ferme. »]
Plusieurs origines ont été proposées pour cette expression. La première, avancée dans une édition de 1955 de la revue American Speech, suggère que lorsqu’un avion militaire s’écrase sur une ferme, l’agriculteur pourrait poursuivre le gouvernement en justice pour obtenir une compensation. Cette somme serait suffisante pour rembourser l’hypothèque de la ferme. Ainsi, le pilote aurait payé la ferme de sa vie.
La deuxième théorie veut que les militaires rêvent souvent de rentrer du front pour s’installer avec leur famille dans une vie paisible à la campagne. Si l’un d’eux venait à être tué, ses camarades pouvaient dire, « eh bien, il a acheté la ferme un peu tôt », ou quelque chose de similaire. Certes, cela n’aurait rien d’étonnant dans les nombreux films américains sentimentaux où ce genre de réplique trouverait naturellement sa place. Cela ne prouve toutefois pas que l’expression soit née ainsi.
Une troisième hypothèse avance que, si un militaire était tué au combat, sa famille recevait une indemnité provenant de l’assurance dont bénéficiait le personnel militaire. Cette somme aurait suffi à rembourser l’hypothèque familiale.
Mon avis personnel penche pour cette dernière explication mais, en l’absence de preuves complètes, il ne s’agit que d’une spéculation.