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Quelle est l'origine de l'expression « Be afraid, be very afraid » ?

La signification de l'expression

« Be afraid, be very afraid » est une mise en garde solennelle signifiant qu'il faut redouter sérieusement ce qui va arriver.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « Be afraid, be very afraid » ?

Cette expression est née comme slogan publicitaire du film d’horreur de 1986 The Fly (La Mouche), écrit par le Canadien David Cronenberg et mettant en scène Jeff Goldblum (dans le rôle de Seth Brundle) et Geena Davis (dans celui de Veronica Quaife). La forme raccourcie « be very afraid » circulait déjà aux États-Unis avant 1986 : on la retrouve par exemple dans le feuilleton télévisé All My Children en 1970.

L’intrigue de The Fly met en scène Brundle, un scientifique qui expérimente la téléportation. Le savant est brillant mais excentrique, ce qui explique naturellement le choix de Goldblum pour ce rôle. Et tout aussi naturellement, dès le début du film, les expériences tournent mal.

Quaife est une journaliste qui enquête sur cette découverte de la téléportation. Lorsqu’il devient évident que Brundle commence à se transformer en insecte, il supplie l’un des personnages en disant « don’t be afraid » (n’aie pas peur), ce à quoi Quaife répond :

“No. Be afraid. Be very afraid.” [Non. Aie peur. Aie très peur.]

C’est l’une des rares expressions anglaises qui contient de la ponctuation en elle-même.

Cette réplique a été reprise comme accroche sur les affiches publicitaires du film. On y trouvait aussi « Half man, half insect… total terror ! » (mi-homme, mi-insecte… terreur totale !) et « Something went wrong in the lab today… something very wrong » (quelque chose a mal tourné au laboratoire aujourd’hui… quelque chose de très grave). David Cronenberg, George Langelaan et Charles Edward Pogue ont signé le scénario du film, l’histoire originale étant de George Langelaan.

Les scénaristes du film se sont appuyés sur l’imagerie des avertissements solennels de la Bible et de la littérature pour donner du poids à cette réplique, comme dans le sonnet Ozymandias de Shelley :

“My name is Ozymandias, King of Kings: Look on my works, ye Mighty, and despair!” [Je m’appelle Ozymandias, roi des rois : contemplez mon œuvre, vous les puissants, et désespérez !]

On trouve de nombreux exemples similaires dans la Bible, notamment dans Isaïe 32 :11-11 (version du roi Jacques) :

“Tremble, ye women that are at ease; be troubled, ye careless ones…” [Tremblez, femmes qui vivez dans l’insouciance ; soyez troublées, vous qui êtes sans souci…]

Bien entendu, « be » et « afraid » sont des mots suffisamment courants pour avoir été associés bien avant cela, comme dans Macbeth, en 1605 :

“I will not be afraid of death and bane, Till Birnam forest come to Dunsinane.” [Je ne craindrai ni mort ni malheur, jusqu’à ce que la forêt de Birnam vienne à Dunsinane.]

Pour l’usage de « be afraid » comme mise en garde autonome, il faut aussi remonter à la Bible. Dans Romains 13 :4-4, toujours dans la version du roi Jacques, on lit :

“For he is the minister of God to thee for good. But if thou do that which is evil, be afraid; for he beareth not the sword in vain: for he is the minister of God, a revenger to execute wrath upon him that doeth evil.” [Car il est serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains, car ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée : il est serviteur de Dieu, chargé d’exécuter la colère contre celui qui fait le mal.]

Vingt années ont suffi pour que l’expression s’intègre pleinement à la langue, au point qu’elle possède aujourd’hui sa propre forme raccourcie, simplement « be afraid ».

Exemples d'utilisation

  • No. Be afraid. Be very afraid.
  • Half man, half insect... total terror !