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Quelle est l'origine de l'expression « A turn up for the books » ?

La signification de l'expression

Un événement inattendu et favorable, souvent une victoire surprise qui profite à celui qui n'y comptait pas.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « a turn up for the books » ?

Depuis les années 1820 environ, le terme « turn-up » est utilisé pour désigner « une surprise ; un coup de chance ». La référence renvoie aux cartes ou aux dés, qui sont « retournés » (turned up) par le hasard. Plus précisément, le « turn up » désignait un moment précis du jeu de cribbage. Au début d’une partie, un membre d’une équipe coupe le paquet et un membre de l’autre équipe retourne la carte du dessus. S’il s’agit d’un valet, la seconde équipe reçoit des points supplémentaires, appelés « two for his heels ». Détenir le valet de la couleur retournée rapporte également un point, appelé « one for his nibs », le valet étant l’une des cartes « royales » et « nibs » étant un terme d’argot désignant « une personne importante ».

John Camden Hotten a défini « turn up » en 1859 dans A Dictionary of Modern Slang, Cant and Vulgar Words :

Turn up: An unexpected slice of luck. [Turn up : un coup de chance inattendu.]

Voilà pour la partie simple, mais pourquoi un « turn up » serait-il « for the books » ? Les livres peuvent être truqués, on peut s’y référer et on peut être mal noté dans ceux de quelqu’un, mais pourquoi aurait-on un « turn up » à leur sujet ?

L’expression était à l’origine « a turn up for the book », au singulier. Dans les réunions hippiques anglaises des XVIIIe et XIXe siècles, lorsque les paris étaient placés, le nom du parieur et sa mise étaient inscrits dans un carnet. Ce processus était logiquement appelé « faire le livre » (making a book). Si une course était gagnée par un cheval dont le « bookmaker » n’avait aucune trace dans son carnet, il avait un « turn up » et conservait la totalité des sommes misées. Camden Hotten nous vient à nouveau en aide avec sa définition élargie de « turn up » :

Among sporting men bookmakers are said to have a turn up when an unbacked horse wins. [Chez les gens du monde des courses, on dit que les bookmakers ont un « turn up » lorsqu’un cheval sur lequel personne n’a misé remporte la course.]

Ainsi, « a turn up for the book » se traduit par un coup de chance pour les bookmakers. La plus ancienne occurrence imprimée que j’ai pu trouver de cette expression provient d’un article du journal Leeds Intelligencer, relatant le succès d’un cheval nommé Blackdown lors des courses de Doncaster en août 1863 :

A rare turn-up for the book-makers, the majority of whom had never written Blackdown’s name in their books. [Un rare « turn up » pour les bookmakers, dont la majorité n’avait jamais inscrit le nom de Blackdown dans leurs carnets.]