Quelle est l'origine de cette expression ?
« Needs must » signifie que la nécessité ne laisse pas le choix. La formule complète est needs must when the devil drives, elle-même abrégée d’un proverbe imprimé en 1498 sous la forme he must nedys go that the deuell dryues. On l’emploie généralement en haussant les épaules, à propos de quelque chose qu’on fait à contrecœur parce qu’il n’y a aucun moyen de l’éviter.
Quelle est l’origine de l’expression « Needs must » ?
L’expression est ancienne. Dans les textes plus anciens, elle apparaît presque toujours sous sa forme longue, needs must when the devil drives : autrement dit, si c’est le diable qui vous mène, vous n’avez pas le choix. Cela remonte à des textes du début de l’anglais moderne, par exemple Assembly of Gods, vers 1500 :
“He must nedys go that the deuell dryues.” [Il doit forcément partir, celui que le diable pousse.]
Le poème ne présente pas ce vers comme sa propre invention. Il le présente comme une expression déjà courante, dans le vers qui précède immédiatement : “For hit ys oft seyde by hem that yet lyues”, c’est-à-dire que cela est souvent dit par ceux qui vivent encore. Oscar Lovell Triggs, qui a édité ce poème en 1895, indique que la plus ancienne impression conservée de ce texte est un in-folio de Wynkyn de Worde daté de 1498.
John Heywood a imprimé ce proverbe dans son recueil de proverbes anglais de 1546, sous cette forme :
“And that he must needes goe whom the divell doth drive.” [Et qu’il doit forcément partir, celui que le diable pousse.]
Shakespeare a employé l’expression à plusieurs reprises, par exemple dans All’s Well That Ends Well, en 1601 :
Countess: Tell me thy reason why thou wilt marry. Clown: My poor body, madam, requires it: I am driven on by the flesh; and he must needs go that the devil drives. [La comtesse : Dis-moi pourquoi tu veux te marier. Le bouffon : Mon pauvre corps, madame, l’exige : je suis poussé par la chair, et celui que le diable pousse doit forcément partir.]
L’édition Folger de Shakespeare situe cet échange à l’acte 1, scène 3. Le bouffon de Shakespeare dit must needs là où l’expression moderne dit needs must, et les deux ordres fonctionnent car needs n’est pas ici le nom pluriel. Il s’agit d’un ancien adverbe signifiant « nécessairement, par nécessité », qu’Etymonline fait remonter à la fin du XIVe siècle et décrit comme ayant survécu dans des tournures archaïques associées à must. Ainsi, needs must revient à dire « par nécessité, il faut ».
L’expression s’est réduite à needs must à la fin du XIXe siècle et, même sous cette forme courte, elle sonne plutôt archaïque et tend à disparaître de l’usage courant. Cela malgré une apparition télévisée remarquée dans Blackadder II, en 1985 :
“Needs must when the devil vomits into your kettle.” [Il faut bien, quand le diable vomit dans votre bouilloire.]
La forme en deux mots était déjà imprimée dès 1895. Dans le roman de Marie Corelli, The Sorrows of Satan, 1895, un personnage cite le proverbe entier comme une vieille maxime puis, dans la même phrase, emploie les deux premiers mots seuls : “I always realize the ‘needs must’ of things” [je perçois toujours le « needs must » des choses].