Quelle est l'origine de cette expression ?
Quelle est l’origine de l’expression « Fie, fih, foh, fum, I smell the blood of an Englishman » ?
Ces mots ne veulent rien dire et l’expression n’a aucune signification allégorique. Hormis pour citer Shakespeare ou le conte de Jack the Giant Killer, il y a peu de raisons de l’employer. Comme beaucoup d’expressions anglaises anciennes, l’orthographe en est arbitraire et l’on trouve de nombreuses variantes imprimées :
Fee, fa, foh, fum Fee, fi, fum Fie, fih, foh, fum Fee, fa, fum, et ainsi de suite.
Elle est surtout connue grâce à la fable anglaise Jack the Giant Killer, publiée pour la première fois en 1711, bien que les éléments de l’histoire aient sans doute circulé oralement bien avant :
Fee-fi-fo-fum I smell the blood of an Englishman. Be he alive or be he dead I’ll grind his bones to make my bread.
[« Fee-fi-fo-fum, je sens le sang d’un Anglais. Qu’il soit vivant ou mort, je broierai ses os pour faire mon pain. »]
La source en est anonyme et la date inconnue. La citation la plus ancienne que je connaisse figure dans une pièce de George Peele, The Old Wives’ Tale, imprimée en Angleterre en 1595 :
Fee, fa, fum, here is the Englishman, Conquer him that can, came for his lady bright, To prooue himselfe a knight, And win her loue in fight.
[« Fee, fa, fum, voici l’Anglais, que le conquière qui le pourra, venu pour sa dame resplendissante, pour se prouver chevalier et gagner son amour au combat. »]
Elle est également mentionnée un an plus tard par le dramaturge anglais Thomas Nashe, dans Have with you to Saffron-walden, 1596, version qui est la première à employer la ligne « I smell the blood of an Englishman », désormais bien connue grâce à Jack the Giant Killer :
“O, tis a precious apothegmatical Pedant, who will find matter enough to dilate a whole day of the first invention of Fy, fa, fum, I smell the blood of an English-man”.
[« Oh, c’est un précieux pédant sentencieux, qui trouvera de quoi disserter une journée entière sur l’origine première de Fy, fa, fum, I smell the blood of an English-man. »]
Terminons avec la variante de Shakespeare, tirée du Roi Lear, 1605 :
“Child Roland to the dark tower came, His word was still, Fie, foh, and fum, I smell the blood of a British man.”
[« L’enfant Roland parvint à la tour sombre, sa devise était toujours : Fie, foh, and fum, je sens le sang d’un Britannique. »]
[Mes remerciements à Peter Lukacs, ElizabethanDrama.org, pour la citation de 1595.]