Quelle est l'origine de cette expression ?
Quelle est l’origine de l’expression « Darby and Joan » ?
L’expression Darby and Joan était autrefois d’usage courant au Royaume-Uni pour désigner un vieux couple dévoué, vivant les années de sa retraite dans un contentement paisible, quoique modeste. Son usage a quelque peu décliné vers la fin du XXe siècle, mais elle reste employée, notamment dans le nom des nombreux clubs sociaux pour personnes âgées appelés Darby and Joan, qui continuent de prospérer.
On s’est longtemps demandé si Darby et Joan étaient des personnages fictifs ou des personnes réelles, et diverses tentatives ont été faites pour relier l’expression à des individus authentiques. Darby n’est pas un nom de famille courant en Angleterre, ce qui donne quelque crédit à l’idée que ce couple ait vraiment existé, car si un auteur avait inventé un archétype, pourquoi n’aurait-il pas choisi un nom plus évocateur du message à transmettre (comme le Gabriel Oak de Hardy, ou le poème de Langland The vision of William concerning Piers Plowman, 1370-90) ?
Darby and Joan, qui étaient-ils ?
L’attribution la plus fréquemment répétée veut que l’expression Darby and Joan ait été forgée par l’imprimeur anglais Henry Woodfall (vers 1686-1747), dont l’employeur, John Darby, était marié à Joan Darby. Aucun registre parfaitement fiable de la naissance et de la mort de ce couple n’a survécu, mais il est probable qu’ils soient morts tous deux vers l’âge de quatre-vingts ans, ce qui leur donnerait bien le profil requis pour incarner un vieux couple marié.
La chanson The Joys of Love never forgot, dont Woodfall aurait pu être l’auteur, fut imprimée dans The Gentleman’s Magazine en 1735 et contient les vers suivants :
Old Darby, with Joan by his side, You’ve often regarded with wonder: He’s dropsical, she is sore-eyed, Yet they’re never happy asunder.
[Le vieux Darby, avec Joan à ses côtés, vous avez souvent regardés avec étonnement : il souffre d’hydropisie, elle a les yeux fatigués, pourtant ils ne sont jamais heureux séparés.]
Il ne semble exister aucune preuve solide reliant Darby ou Woodfall à l’expression, hormis la coïncidence des noms de Darby et de son épouse.
Quelle que soit son origine, l’image d’un vieux couple dévoué, vivant le déclin paisible de sa vie, a survécu. Elle est sans doute mieux connue grâce à la chanson classique de Hammerstein et Kern, The Folks Who Live on the Hill, 1937 :
We’ll sit and look at the same old view, Just we two. Darby and Joan who used to be Jack and Jill, The folks who like to be called, What they have always been called, “The folks who live on the hill”.
[Nous nous assiérons pour regarder le même vieux paysage, nous deux seulement. Darby and Joan qui furent autrefois Jack et Jill, les gens qui aiment qu’on les appelle comme on les a toujours appelés : « les gens qui vivent sur la colline ».]
Dans le célèbre enregistrement de cette chanson par Peggy Lee, en 1957, « Baby and Joe » remplace « Darby and Joan ».
Bien qu’à l’origine anglaise, l’expression « Darby and Joan » était connue et utilisée aux États-Unis bien avant 1957, ce qui rend d’autant plus mystérieuse la raison de ce changement de noms.