Quelle est l'origine de cette expression ?
Quelle est l’origine de l’expression « Beauty is in the eye of the beholder » ?
Cette expression est apparue pour la première fois en grec, au 3ᵉ siècle avant notre ère. Elle n’a pris sa forme anglaise actuelle par écrit qu’au 19ᵉ siècle, mais entre-temps, plusieurs formulations avaient exprimé à peu près la même idée. En 1588, le dramaturge anglais John Lyly écrivait, dans son ouvrage Euphues and his England :
« …as neere is Fancie to Beautie, as the pricke to the Rose, as the stalke to the rynde, as the earth to the roote. »
(« …le désir est aussi proche de la beauté que l’épine l’est à la rose, la tige à l’écorce, la terre à la racine. »)
La version de Shakespeare de l’expression « Beauty is in the eye of the beholder » était « Beauty is brought by the judgement of the eye ».
Shakespeare exprima un sentiment similaire dans Love’s Labours Lost (Peines d’amour perdues), en 1588 :
Good Lord Boyet, my beauty, though but mean, Needs not the painted flourish of your praise: Beauty is bought by judgement of the eye, Not utter’d by base sale of chapmen’s tongues
(« Bon seigneur Boyet, ma beauté, bien que modeste, n’a pas besoin des fioritures de vos louanges : la beauté s’apprécie par le jugement de l’œil, non par le commerce des paroles des marchands. »)
Benjamin Franklin, dans son Poor Richard’s Almanack, écrivait en 1741 :
« La beauté, comme la souveraineté suprême, ne tient que par l’opinion qu’on lui porte. »
Dans ses Essais, moraux et politiques (1742), David Hume affirmait :
« La beauté des choses n’existe que dans l’esprit qui les contemple. »
Margaret Hungerford a inventé l’expression « beauty is in the eye of the beholder », en s’inspirant d’auteurs du XVIᵉ siècle comme Shakespeare.
La personne à qui l’on attribue généralement la formulation moderne de l’expression est Margaret Wolfe Hungerford (née Hamilton), autrice prolifique publiant souvent sous le pseudonyme « The Duchess ». Dans Molly Bawn (1878), on trouve la phrase « Beauty is in the eye of the beholder », la citation imprimée la plus ancienne qu’on ait pu retrouver dans cette forme précise.
Dans les années 1980 est apparue l’expression anglaise « beer goggles » (littéralement « lunettes à bière »), qui désigne l’attirance accrue envers autrui sous l’effet de l’alcool, donnant naissance à la plaisanterie un peu tirée par les cheveux selon laquelle, en portant ces « lunettes à bière », la beauté serait dans l’œil de celui qui… boit.