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Quelle est l'origine de l'expression « Bated breath » ?

La signification de l'expression

« Bated breath » signifie retenir son souffle sous l'effet de l'anxiété, de l'excitation ou d'une attente fébrile.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « bated breath » ?

Bated ou baited ? En anglais, on connaît les hameçons appâtés (baited hooks) et les pièges appâtés (baited traps), mais bated, qu’est-ce que c’est ? Ce mot ne semble même pas exister ailleurs. Cela dit, « baited breath » n’a pas beaucoup plus de sens : comment un souffle pourrait-il être appâté ? Avec des vers ?

Les textes contemporains n’offrent guère de repères. Une recherche sur Google donne à peu près autant de résultats pour « baited breath » que pour « bated breath ».

Si vous pensiez que l’orthographe correcte était « baited breath », vous êtes en bonne compagnie. Même dans l’un des livres les plus vendus de tous les temps, Harry Potter and the Prisoner of Azkaban (dont l’éditeur aurait pourtant pu s’offrir les services d’un correcteur), on trouve :

“The whole common room listened with baited breath.” [« Toute la salle commune écoutait, le souffle appâté. »]

Comme souvent, c’est chez le Barde que l’on trouve une réponse. La citation la plus ancienne connue de l’expression provient du Marchand de Venise de Shakespeare, en 1596 :

What should I say to you? Should I not say ‘Hath a dog money? is it possible A cur can lend three thousand ducats?’ Or Shall I bend low and in a bondman’s key, With bated breath and whispering humbleness, Say this; ‘Fair sir, you spit on me on Wednesday last; You spurn’d me such a day; another time You call’d me dog; and for these courtesies I’ll lend you thus much moneys’? [« Que devrais-je vous dire ? Ne devrais-je pas dire : ‘Un chien a-t-il de l’argent ? Est-il possible qu’un cabot puisse prêter trois mille ducats ?’ Ou bien devrais-je m’incliner et, sur le ton d’un esclave, le souffle retenu et l’humilité chuchotante, dire ceci : ‘Cher monsieur, vous m’avez craché dessus mercredi dernier ; vous m’avez repoussé tel jour ; une autre fois vous m’avez traité de chien ; et pour ces courtoisies, je vais vous prêter cette somme’ ? »]

‘Bated’ n’est en réalité qu’une forme abrégée de ‘abated’, qui signifie « abaisser, réduire ou diminuer ». Une fois qu’on le sait, « bated breath » prend tout son sens : un souffle abaissé, retenu.

Geoffrey Taylor, dans son petit poème Cruel, Clever Cat (1933), a exploité avec humour cette confusion orthographique :

Sally, having swallowed cheese Directs down holes the scented breeze Enticing thus with baited breath Nice mice to an untimely death. [« Sally, ayant avalé du fromage, dirige vers les trous la brise parfumée, attirant ainsi, le souffle appâté, de gentilles souris vers une mort prématurée. »]

Exemples d'utilisation

  • "The whole common room listened with baited breath."