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Quelle est l'origine de l'expression « Visit the ladies' room » ?

La signification de l'expression

« Visit the ladies' room » est un euphémisme signifiant se rendre aux toilettes pour dames.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « Visit the ladies’ room » ?

…autre :

Les euphémismes servent chaque fois qu’il faut évoquer des sujets susceptibles de gêner, comme la mort, le sexe, la pauvreté, la maladie et d’autres encore, mais c’est à propos des toilettes que les tabous linguistiques se déploient vraiment sans limite.

Il n’a jamais existé de mot poli pour désigner « le lieu destiné à la défécation et à la miction », si bien que, depuis des siècles, on invente des mots et des expressions qui renvoient à cet endroit sans jamais le nommer directement. « Lavatory » et « toilet » passent pour être les façons adultes de le désigner, mais ce sont elles aussi, en réalité, des euphémismes. Lavatorium est le mot latin pour « un lieu où l’on lave le linge ». « Toilet » vient du français, d’abord « toile » puis « toilette », qui désignait le fait de se laver et de se coiffer, et est entré dans la langue anglaise pour nommer un tissu servant à protéger les vêtements.

« Ladies’ room » est l’un des innombrables euphémismes pour désigner les toilettes : « powder room », « cloakroom », « the smallest room in the house », « facilities », « WC », et ainsi de suite, indéfiniment. S’il est vrai que « ladies’ room » est aujourd’hui un euphémisme, ce n’était pas son sens premier. Des lieux publics comme les théâtres proposaient bel et bien des pièces privées où les dames pouvaient déposer leurs vêtements d’extérieur et soigner leur apparence. « Ladies’ room » est une forme abrégée de « ladies’ cloak room », qui était alors une description tout à fait littérale. Aujourd’hui, on l’abrège encore davantage en « Ladies », de la même façon que « Gentlemen » est devenu « Gents ».

« Ladies’ Room » est entré dans l’usage à l’époque victorienne en Grande-Bretagne, comme le montre cette annonce publicitaire parue dans le Burnley Gazette en juin 1886 :

Dining Room and Restaurant. Also a first-class Ladies’ Room. Ladies and Gentlemen’s lavatories, etc. For the use of customers FREE.

[« Salle à manger et restaurant. Également un ladies’ room de première classe. Toilettes pour dames et messieurs, etc. À l’usage des clients GRATUITEMENT. »]

À Burnley du moins, la présence de toilettes dans un restaurant était visiblement assez nouvelle pour mériter d’être annoncée. Notons l’insistance sur le mot « gratuit » : dans les années 1880, on s’attendait à ce que le public utilise les toilettes publiques en payant, l’expression consacrée étant « spend a penny ».

Les Britanniques se targuent d’être pudiques en matière de sexe mais francs et directs, à l’anglo-saxonne, dès qu’il s’agit d’excrétion. Ce n’est pourtant pas tout à fait exact. On aime s’identifier à l’humour grivois et terrien de Shakespeare, mais le Barde se montrait en réalité assez pudibond sur les questions de toilettes, évitant toute référence directe à la défécation et à la miction. Le plus loin qu’il soit allé, c’est de désigner des latrines par l’expression « bench-hole » dans Antoine et Cléopâtre. On pense généralement, au Royaume-Uni, que ce sont les États-Unis qui ont le monopole de la pudeur en matière de toilettes, en pointant du doigt « restroom », « john », « little boys’/girls’ room » et, ce qui amuse le plus les oreilles britanniques, « comfort station ». Là encore, on se trompe. En moyen anglais, « comfort » était synonyme de « easement », que l’Oxford English Dictionary définit, sans détour ni euphémisme possible cette fois, comme « le soulagement du corps par l’évacuation des excréments ». Ainsi, « comfort station » n’est pas du tout évasif : l’expression dit exactement ce qu’elle veut dire, comme on dit chez nous « c’est écrit dessus ».