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Quelle est l'origine de l'expression « Verbosity leads to unclear, inarticulate things » ?

La signification de l'expression

C'est une citation, probablement de Dan Quayle, qui affirme, non sans ironie, que trop de mots nuisent à la clarté du discours.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « Verbosity leads to unclear, inarticulate things » ?

Une citation largement attribuée, à tort ou à raison ?

Ces dernières années, les représentants du gouvernement américain ont poussé la langue bien au-delà de ses limites. Ils possèdent un véritable talent pour le double langage verbeux qui, une fois l’exaspération passée, force presque l’admiration. Les exemples ne manquent pas, mais on ne saurait mieux choisir que celui de Donald Rumsfeld :

“Reports that say that something hasn’t happened are always interesting to me, because as we know, there are known knowns; there are things we know we know. We also know there are known unknowns; that is to say we know there are some things we do not know. But there are also unknown unknowns - the ones we don’t know we don’t know.”

[Les rapports qui disent qu’une chose ne s’est pas produite m’intéressent toujours, car comme nous le savons, il y a des connues connues ; il y a des choses que nous savons que nous savons. Nous savons aussi qu’il y a des inconnues connues ; c’est-à-dire que nous savons qu’il y a certaines choses que nous ne savons pas. Mais il y a aussi des inconnues inconnues, celles que nous ne savons pas que nous ne savons pas.]

Cette tendance à la logorrhée a été moquée par Alistair Cooke dans ses causeries Letter from America pour la BBC. Lors de son discours de réception du prix du « meilleur orateur en anglais » en 1998, il imagina la version que donnerait un représentant du gouvernement américain de la Genèse 1 :3 :

“The Supreme Being mandated the illumination of the Universe and this directive was enforced forthwith.”

[L’Être suprême a mandaté l’illumination de l’Univers et cette directive fut appliquée sans délai.]

Comme il le faisait remarquer, cela soutenait mal la comparaison avec la version du roi Jacques :

“And God said, Let there be light: and there was light.”

[Et Dieu dit : que la lumière soit, et la lumière fut.]

Dan Quayle s’est forgé une réputation peu enviable de manque de précision dans ses déclarations publiques. Pour ne laisser planer aucun doute sur l’authenticité des citations ci-dessous, elles sont reprises mot pour mot d’images publiques de Quayle en action.

“The question is whether we are going to go forward to tomorrow or whether we are going to go past to the back”.

“We don’t want to go back to tomorrow”.

“I think I’ve made good judgments in the past and I’ve made good judgments in the future”.

“…and the future will be better tomorrow”.

[La question est de savoir si nous allons avancer vers demain ou si nous allons repartir vers le passé. / Nous ne voulons pas revenir à demain. / Je pense avoir pris de bonnes décisions dans le passé et j’en ai pris de bonnes dans le futur. / …et l’avenir sera meilleur demain.]

Voilà pour le contexte ; qu’en est-il de l’origine de la citation « verbosity… » ? Elle a aussi été attribuée à George W. Bush et à Al Gore, ce qui trahit clairement des manœuvres politiques. Puisqu’au moins deux de ces attributions sont forcément erronées, qui peut dire laquelle est la bonne ? Les affirmations contradictoires des partisans de la gauche et de la droite américaines ont brouillé les pistes.

Examinons les faits. Concernant les preuves à l’appui d’une attribution à George W. Bush ou à Al Gore, il n’en existe aucune, seulement des rumeurs non vérifiées. Cela ne prouve pas pour autant que Dan Quayle en soit la source.

Toutes ces citations semblent révéler chez Quayle une difficulté particulière à parler du passé et de l’avenir, d’une nature assez proche de celle de la fameuse citation « verbosity… ».

Le 30 novembre 1988, le Los Angeles Times publia le passage suivant, qu’il attribuait à Dan Quayle, cité dans un entretien (non daté) avec l’Associated Press :

“I also try to discipline myself when I get into a situation… and I’m trying to think of an answer, instead of being verbose, which is a tendency that I have, to be concise. Because verbosity leads to unclear, inarticulate things.”

[J’essaie aussi de me discipliner lorsque je me trouve dans une situation… et que je cherche une réponse, au lieu d’être verbeux, ce qui est une tendance que j’ai, d’être concis. Car la verbosité mène à des choses confuses et inarticulées.]

Aucune trace de cet entretien ne figure dans les archives de l’Associated Press, ce qui ne prouve pas qu’il n’a jamais eu lieu.

Alors ? Plausible ? Certainement. Prouvé ? Non.