Quelle est l'origine de cette expression ?
Quelle est l’origine de l’expression ‘Sacred cow’ ?
Cette expression fait référence à la vénération que les hindous portent aux vaches. Le premier emploi en anglais que l’on connaisse du terme ‘sacred cow’ pour désigner l’objet de ce culte hindou de longue date apparaît dans un journal américain des années 1850. Il s’agit de la réimpression d’une lettre envoyée par Wady Jahed, un émigré indien vivant à Janesville, dans le Wisconsin, au Calcutta Times. M. Jahed envoya cette lettre le « 17e jour de la 6e lune », et le Janesville Free Press la publia en janvier 1854 :
To the most eminent Kaali Ramon, High Brahmin, at Benares, India.
The religion of the Hindoo is now well established here, but I find many things to correct. For instance the grain which they bring as an offering to the goddess Bhavani, which they pronounce brewery, they work up into a liquor which they drink in honor of the gods, instead of feeding it to the sacred bulls and cows; they also eat the flesh of animals, and do other vile things.
Kiss the sacred cow for me, and may Doorgha bless you at all times. From your Slave, WADY JAHED.
[Au très éminent Kaali Ramon, grand brahmane, à Bénarès, Inde.
La religion des hindous est aujourd’hui bien établie ici, mais je trouve beaucoup de choses à corriger. Par exemple, le grain qu’ils apportent en offrande à la déesse Bhavani, qu’ils prononcent brasserie, ils le transforment en une liqueur qu’ils boivent en l’honneur des dieux, au lieu de la donner aux taureaux et vaches sacrés ; ils mangent aussi la chair des animaux, et font d’autres choses viles.
Embrasse la ‘sacred cow’ pour moi, et que Doorgha te bénisse en tout temps. De ton esclave, WADY JAHED.]
Il semble qu’il avait raison de s’inquiéter du peu de connaissances sur les vaches sacrées aux États-Unis à cette époque. Plusieurs autres journaux américains en parlent à la fin du XIXe siècle et les font venir tantôt de l’Inde, tantôt du Tibet, tantôt de « pays mahométans ».
L’usage figuré de l’expression ‘sacred cow’, pour désigner un projet ou un processus à l’abri de toute remise en cause, est d’origine américaine et date également de la fin du XIXe siècle. Un article du New York Herald, en mars 1890, emploie une comparaison qui se rapproche déjà de cet usage métaphorique :
“While the great ditch may be regarded as one of the commercial diversities of the commonwealth, to worship it as a sort of sacred cow is not necessarily a work of true statesmanship.”
[Bien que le grand fossé puisse être considéré comme l’une des diversités commerciales de l’État, le vénérer comme une sorte de ‘sacred cow’ ne relève pas nécessairement d’un véritable sens de l’État.]
En septembre 1909, le Galveston Daily News alla un peu plus loin et qualifia carrément un projet de ‘sacred cow’, plutôt que de simplement le comparer à une telle :
“They understand Mr. Bryan’s position to be one of antagonism to the contention that raw material is a ‘sacred cow,’ immune from tariff reform, ever to be upon the dutiable list and in consequence enjoying the blessings of incidental protection.”
[Ils comprennent que la position de M. Bryan s’oppose à l’idée que la matière première soit une ‘sacred cow’, à l’abri de toute réforme douanière, destinée à rester à jamais sur la liste des produits taxables et à jouir ainsi des bienfaits d’une protection accessoire.]
Voir d’autres expressions nées aux États-Unis.