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Quelle est l'origine de l'expression « Raspberry tart » ?

La signification de l'expression

« Raspberry tart » est l'argot rimé cockney à l'origine du mot « raspberry », le bruit moqueur imitant un pet que l'on fait en soufflant entre les lèvres serrées.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « Raspberry tart » ?

« Raspberry tart » est un exemple d’argot rimé cockney. C’est de là que vient le mot « raspberry », ce bruit moqueur imitant un pet, produit en pressant les lèvres l’une contre l’autre et en soufflant, ce qu’on appelle « blowing a raspberry ».

« Raspberry » est entré dans le langage courant, y compris là où le mot « fart » (pet) serait jugé inconvenant, un peu comme le terme « berk », issu de « Berkshire hunt », expression d’argot rimé désignant ce que l’on appelle souvent pudiquement « le mot en C ». Ces deux mots sont sans doute acceptés parce qu’ils suivent le principe de l’argot rimé consistant à retenir, comme synonyme, le mot qui ne rime pas dans l’expression d’origine. Pour qui ignore cette origine argotique, « raspberry » ou « berk » ne peuvent choquer, tout comme « ginger », « hampton » ou « khyber ».

Ce procédé a permis aux humoristes britanniques de l’après-Seconde Guerre mondiale de faire passer des textes osés devant les censeurs de la BBC. À l’époque, la BBC surveillait de près tout script susceptible de contenir un contenu explicite, comme en témoigne leur Green Book recensant le vocabulaire jugé inacceptable. Spike Milligan, dans les scripts du Goon Show, s’amusait à glisser des passages que le public comprenait comme des sous-entendus grivois mais que les censeurs laissaient parfois passer. Par exemple, dans leur enregistrement de 1978, The Raspberry Song :

(Bloodnok) Don’t tell me he’s come to stay (Secombe) Let the wardens here him say Fruit’s in season! Let’s be merry! Apples, plums and the old raspberry Everything is fresh today (Bloodnok) Don’t let him get near me, please!

(Secombe) Every Friday night when work is done He doesn’t waste a minute To the prison warden he hurries ‘round where he sings just like a linnet To hear him blow a melody it’s great, you can’t deny it And if you’ve nothing else to do, we’d like the screws to try it (Bloodnok) No more, please!

[Ne me dites pas qu’il vient s’installer / Que les gardiens l’entendent dire / La saison des fruits est là, réjouissons-nous, pommes, prunes et la bonne vieille framboise / Tout est frais aujourd’hui / Ne le laissez pas s’approcher de moi, je vous en prie ! / Chaque vendredi soir, le travail fini, il ne perd pas une minute / Il file voir le gardien où il chante comme un pinson / L’entendre souffler sa mélodie, c’est formidable / Et si vous n’avez rien d’autre à faire, qu’on demande aux matons d’essayer aussi / Plus jamais, je vous en supplie !]

Milligan collabora ensuite avec Ronnie Barker aux sketches des Two Ronnies intitulés The Phantom Raspberry Blower of Old London Town. Outre l’écriture du texte, il fut crédité pour les bruitages : « Raspberries Professionally blown by Spike Milligan » (« Framboises soufflées professionnellement par Spike Milligan »).