Quelle est l'origine de cette expression ?
Quelle est l’origine de l’expression « Press into service » ?
Les marins britanniques étaient bel et bien « pressés » de force pour servir.
Au Royaume-Uni, aux XVIIe et XVIIIe siècles, de malheureux jeunes gens étaient souvent trompés ou contraints de rejoindre l’armée ou la marine britannique par des « press gangs », des bandes de recrutement forcé. Un tour classique consistait à glisser discrètement une pièce dans la chope de bière de la victime. Une fois qu’elle avait « accepté le shilling du roi », elle était considérée comme enrôlée. On raconte que certaines chopes en étain furent munies d’un fond en verre pour se prémunir contre ce stratagème. De telles chopes existent bel et bien, mais les preuves reliant cet usage aux press gangs restent minces. Une méthode moins subtile consistait simplement à assommer les victimes et à les hisser à bord d’un navire : à leur réveil, elles se trouvaient en pleine mer, sans aucun moyen de fuir.
Cette pratique était connue dès le début du XVIIe siècle et est évoquée de façon détournée par Robert Burton dans The Anatomy of Melancholy, 1621 :
“Solomon of old had a thousand concubines; Ahasuerus his eunuchs and keepers; Nero his Tigillinus panders, and bawds; they press and muster up wenches as we do soldiers” [« Salomon jadis avait mille concubines ; Assuérus ses eunuques et gardiens ; Néron son entremetteur Tigillinus et ses proxénètes ; ils recrutent et rassemblent des filles comme nous le faisons des soldats. »]
Edward Freeman emploie la forme figurée de l’expression dans ses Historical essays, 1871 :
“In Thierry’s well-known History… he is pressed into the service of that writer’s peculiar theories.” [« Dans la célèbre Histoire de Thierry… il est mis au service des théories particulières de cet auteur. »]