Quelle est l'origine de cette expression ?
Quelle est l’origine de l’expression « in someone’s bad books » ?
Au Moyen Âge, « one’s books » (les livres de quelqu’un) désignait le compte ou la considération que l’on avait aux yeux des autres, c’est à dire l’estime dans laquelle on était tenu. Être « out of someone’s books » signifiait qu’on ne faisait plus partie de la vie de quelqu’un et qu’on ne l’intéressait plus. Ce sens est attesté pour la première fois dans The Parlyament of Deuylles, 1509 :
“He is out of our bokes, and we out of his” [Il est hors de nos livres, et nous hors des siens]
Cet usage des livres pour signifier la faveur ou la défaveur se retrouve dans plusieurs expressions : « good books », « bad books », « black books ».
La première de ces expressions fut « black books », qui semble tirer son origine d’un ouvrage bien réel. En 1592, Robert Greene annonça son intention de créer un Blacke Booke, destiné à répertorier les méfaits de diverses catégories de criminels. En préambule, il rédigea son Black Book’s Messenger, qui contenait :
“Ned Brownes villanies which are too many to be described in my Blacke Booke.” [Les méfaits de Ned Browne sont trop nombreux pour être décrits dans mon Blacke Booke.]
Cette expression avait pris un sens figuré dès 1785 (c’est à dire comme marque de disgrâce, sans qu’aucun livre réel n’existe) lorsqu’elle fut consignée dans le Classical Dictionary of the Vulgar Tongue de Grose :
“He is down in the black book, that is, has a stain in his character.” [Il est inscrit dans le livre noir, c’est à dire qu’il a une tache sur son caractère.]
« Bad books » apparut plus tard et est attesté pour la première fois dans l’History of the Church of England de Perry, 1861 :
“The Arminians, who at that time were in his bad books.” [Les Arminiens, qui à cette époque étaient dans ses mauvais livres.]
Voir d’autres expressions consignées pour la première fois par le capitaine Francis Grose.