Quelle est l'origine de cette expression ?
Quelle est l’origine de l’expression « Hark, hark ! the lark at heaven’s gate sings » ?
Cette expression vient de Cymbeline de Shakespeare, 1611 :
CLOTEN: I would this music would come: I am advised to give her music o’ mornings; they say it will penetrate.
[Enter Musicians]
Come on; tune: if you can penetrate her with your fingering, so; we’ll try with tongue too: if none will do, let her remain; but I’ll never give o’er. First, a very excellent good-conceited thing; after, a wonderful sweet air, with admirable rich words to it: and then let her consider.
[Song]
Hark, hark! the lark at heaven’s gate sings, And Phoebus ‘gins arise, His steeds to water at those springs On chaliced flowers that lies; And winking Mary-buds begin To ope their golden eyes: With every thing that pretty is, My lady sweet, arise: Arise, arise.
(Traduction : « Écoutez, écoutez ! l’alouette chante à la porte du ciel, et Phébus commence à se lever, ses chevaux s’abreuvent aux sources sur les fleurs en calice ; les boutons-d’or clignotants ouvrent leurs yeux dorés : avec tout ce qui est joli, ma douce dame, levez-vous, levez-vous. »)
Shakespeare n’aurait jamais pu prévoir le tournant funeste que prendrait son expression.
Shakespeare a utilisé l’image des oiseaux, en particulier des alouettes, pour représenter la douceur et la fraîcheur dans plusieurs de ses pièces, par exemple dans la chanson Spring, tirée de Love’s Labour’s Lost :
When shepherds pipe on oaten straws And merry larks are ploughmen’s clocks, When turtles tread, and rooks, and daws, And maidens bleach their summer smocks
(Traduction : « Quand les bergers jouent du chalumeau d’avoine et que les joyeuses alouettes sont les horloges des laboureurs, quand les tourterelles s’accouplent, ainsi que les corneilles et les choucas, et que les jeunes filles font blanchir leurs chemisettes d’été. »)
L’image de la « porte du ciel », symbolisant une proximité figurée avec Dieu, a été reprise ensuite par de nombreux auteurs, notamment William Blake :
I give you the end of a golden string; Only wind it into a ball: It will lead you in at Heaven’s gate, Built in Jerusalem’s wall.
(Traduction : « Je te donne l’extrémité d’un fil d’or ; il suffit de l’enrouler en une pelote : il te conduira à la porte du ciel, bâtie dans le mur de Jérusalem. »)
Le terme « Heaven’s Gate » n’a pas eu d’aussi heureuses connotations au vingtième siècle. En 1980, un film portant ce nom, réalisé par Michael Cimino, fut très mal reçu par la critique et perdit la quasi-totalité des 45 millions de dollars qu’il avait coûté à produire. On lui attribue une large part de la quasi-ruine de United Artists, le studio qui l’avait financé, et du sérieux discrédit jeté sur la réputation jusque-là excellente de Cimino comme réalisateur.
À partir de là, les associations deviennent plus sombres encore. Marshall Applewhite était le fondateur et le chef d’une secte religieuse appelée Heaven’s Gate, basée près de San Diego, aux États-Unis. En 1997, il convainquit ses adeptes que la comète Hale-Bopp cachait un vaisseau spatial venu les emmener vers le salut après la mort. Applewhite et trente-huit adeptes se sont suicidés. S’il fallait une confirmation de l’expression there’s one born every minute (« il en naît un chaque minute »), ce seraient bien ces dupes qui choisirent de suivre le dangereusement fou Applewhite dans l’au-delà.