Quelle est l'origine de cette expression ?
Quelle est l’origine de l’expression « Go Doolally » ?
L’orthographe de « dolally » est assez arbitraire : on trouve « go doolally », « go doo-lally », « go doolali », etc. Cette variabilité vient du fait qu’il s’agit de la version anglicisée d’un nom de lieu indien, et non d’un mot anglais à proprement parler.
Le terme est un argot de l’armée britannique, tiré du sanatorium de Deolali, dans le Maharashtra, en Inde. Il est cité pour la première fois dans l’ouvrage de Fraser & Gibbons, Soldier and Sailor Words and Phrases, 1925 :
“Deolali tap (otherwise doolally tap), mad, off one’s head. Old Army.” [« Deolali tap (autrement doolally tap), fou, dérangé. Vieil argot militaire. »]
« Dolally » : un des nombreux mots que les Britanniques ont empruntés à l’Inde.
Frank Richards (de son vrai nom Francis Philip Woodruff) fut soldat pendant la Première Guerre mondiale et en tira un récit devenu classique, Old Soldiers Never Die. Il fut aussi vétéran de la campagne des Indes, qu’il évoque dans Old Soldier Sahib, 1936 :
“Time-expired men sent to Deolalie from their different units might have to wait for months before a troop-ship fetched them home… The well-known saying among soldiers when speaking of a man who does queer things, ‘Oh, he’s got the Doo-lally tap,’ originated, I think, in the peculiar way men behaved owing to the boredom of that camp.” [« Les hommes en fin de service envoyés à Deolali attendaient parfois des mois avant qu’un navire ne les ramène chez eux… L’expression bien connue des soldats pour parler d’un homme au comportement étrange, « il a le Doo-lally tap », vient je crois de la manière bizarre dont ils se comportaient à cause de l’ennui dans ce camp. »]
L’expression est aujourd’hui assez archaïque, même sous sa forme « go Doolally ». Le mot « tap » seul se fait rare, sans avoir totalement disparu. Francis Marion Crawford, dans Mr. Isaacs, 1882, en éclaire le sens :
“Unless I feared the tap, the bad kind of fever which infects all the country at the base of the hills.” [« À moins que je ne craigne le tap, cette mauvaise fièvre qui infecte toute la région au pied des collines. »]
D’autres expressions citées pour la première fois chez Fraser et Gibbons :