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Quelle est l'origine de l'expression « When the shit hits the fan » ?

La signification de l'expression

« When the shit hits the fan » décrit le moment précis où une situation dégénère brusquement et de façon spectaculaire, avec des conséquences impossibles à ignorer.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « when the shit hits the fan » ?

Cette expression évoque les effets impossibles à manquer que produirait de la merde projetée dans un ventilateur électrique.

L’expression est attestée par écrit dans les années 1940, et les ventilateurs électriques ont été inventés dans les années 1880, il est donc très probable qu’elle ait été forgée entre ces deux dates. Elle est difficile à retracer dans les sources imprimées habituelles, car ce n’est pas le genre de formule qui apparaît souvent dans les journaux ou les romans.

Elle semble être née dans les années 1930. Je ne peux pas être plus affirmatif que « semble », car bien qu’une source généralement fiable situe l’expression dans les années 1930, le premier exemple imprimé que je connaisse figure dans Gyrene, un roman de l’écrivain américain W. D. Jones, vers 1943 :

Having been there when the shit hit the fan. [Ayant été présent quand la merde a touché le ventilateur.]

William Daniel Jones était un personnage intéressant : avant de se lancer dans l’écriture, il incarnait ce stéréotype bien américain qu’est le gangster. Il fut même membre d’un des gangs les plus célèbres, complice de Bonnie (Parker) et Clyde (Barrow). Le « Gyrene » du titre du roman était un terme d’argot militaire américain désignant un membre du corps des Marines, probablement une contraction de GI et de marine.

Jones a fait connaître l’expression au grand public, mais il ne l’a manifestement pas inventée lui-même. Elle était déjà suffisamment répandue dans les milieux militaires américains pour qu’une parodie en soit tirée dans un titre de chanson en 1946. C’est cette année-là que John La Cerda publia des mémoires sur la guerre américaine dans le Pacifique, The conqueror comes to tea : Japan under MacArthur, dans lesquelles il évoquait cette chanson : The Shinto Hit the Fan.

Le soldat et écrivain britannique Martin Clemens rapporte avoir entendu l’expression utilisée par des militaires américains à Guadalcanal en 1942.

L’édition de 1967 du Dictionary of Slang and Unconventional English d’Eric Partridge classe l’expression comme canadienne, datée d’environ 1930.

Comme ni Clemens ni Partridge n’apportent de preuves à l’appui, il faut s’en tenir à la date de 1943, bien que l’expression soit probablement plus ancienne, car plusieurs citations datant de la Seconde Guerre mondiale présentent des variantes de la formule. Ces versions plus polies, où ce sont des œufs, de la tarte, de la soupe ou du « truc » qui heurtent le ventilateur, sont attestées aux États-Unis dès les années 1940, par exemple dans Up Sun de Max Chennault, 1945 :

“Sounds like the stuff was about to hit the fan.” [On dirait que le truc était sur le point de toucher le ventilateur.]

The Fresno Bee Republican, en mai 1948, rendait compte d’un congrès de psychiatres sous le titre See How Brain Boys Also Run Wild :

“However, once that opening point was settled, the psychiatrists entered wholly in the business of the convention, which culminated, of course, in the selection of officers for the coming year. And that, as the saying goes, was when the soup hit the fan.” [Cependant, une fois ce point de départ réglé, les psychiatres se plongèrent entièrement dans les affaires du congrès, qui culminèrent bien sûr avec l’élection des dirigeants pour l’année à venir. Et c’est là, comme on dit, que la soupe a touché le ventilateur.]

L’importance d’une expression dans la langue se mesure souvent au nombre de variantes qu’elle engendre. Pour celle-ci, il s’agit surtout de versions édulcorées de l’original explicite, par exemple « when the solids hit the air conditioning » ou « when the pooh hits the punka wallah ».