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Quelle est l'origine de l'expression « What you see is what you get (wysiwyg) » ?

La signification de l'expression

« What you see is what you get » signifie qu'il n'y a rien de caché, que les choses sont exactement telles qu'elles paraissent.

Quelle est l'origine de cette expression ?

D’où vient l’expression « What you see is what you get » ?

« Wysiwyg », que l’on prononce « whizzywig », est l’un des acronymes les plus connus qui soient. On suppose généralement que l’expression « what you see is what you get », l’acronyme « wysiwyg » et l’interface informatique qu’ils désignaient sont apparus quasi simultanément. Ce n’est pas le cas : chacun de ces éléments a sa propre genèse, indépendante des autres.

Commençons par l’expression. On attribue souvent à Flip Wilson la création de « what you see is what you get », qu’il aurait employée dans les années 1960 à travers son personnage travesti Geraldine, d’abord dans Rowan & Martin’s Laugh-In, puis dans The Flip Wilson Show. Wilson a certainement popularisé la formule, mais celle-ci circulait déjà avant qu’il n’en fasse sa réplique fétiche. Une forme de cette expression était utilisée par les publicitaires américains depuis au moins les années 1940 pour vanter une manière de commercer simple et sans artifice. Une publicité pour l’appareil photo Filmo Sportster, parue dans The Charleston Gazette en novembre 1949, s’en approchait déjà beaucoup :

You just sight, press a button and what you see, you get! [Il suffit de viser, d’appuyer sur un bouton, et ce que vous voyez, vous l’obtenez !]

La formule exacte n’apparaîtra en revanche à l’écrit que quelques années plus tard. On la trouve par exemple dans une publicité pour la vente d’une maison, publiée dans The Oakland Tribune en mai 1966 :

“So with the exception of landscaping and decorator furnishings, what you see is what you get.” [« Ainsi, à l’exception des aménagements paysagers et du mobilier décoratif, ce que vous voyez est ce que vous obtenez. »]

Vient ensuite l’acronyme « wysiwyg ». On pense généralement qu’il a été forgé à partir de l’expression, en référence aux interfaces graphiques mises au point au centre de recherche Xerox PARC dans les années 1970, mais on ignore qui l’a employé le premier dans ce contexte. La plus ancienne occurrence que j’aie pu trouver dans ce sens précis date, curieusement, d’avril 1982, dans le magazine Byte :

‘What you see is what you get’ (or WYSIWYG) refers to the situation in which the display screen portrays an accurate rendition of the printed page. [« What you see is what you get » (ou WYSIWYG) désigne la situation où l’écran d’affichage présente un rendu fidèle de la page imprimée.]

Cependant, la toute première citation imprimée de cet acronyme que j’aie trouvée est bien antérieure, et n’a rien à voir avec l’informatique. En janvier 1972, un concours d’entreprises fictives destiné aux lycéens fut organisé à Victoria, au Texas, et un compte rendu en fut publié le 23 janvier dans le journal local, le Victoria Advocate. Chaque équipe d’élèves devait choisir un nom pour l’entreprise imaginaire qu’elle allait gérer. On les avait manifestement encouragés à utiliser des acronymes, puisqu’ils choisirent :

SPOT - Selling Products of Tomorrow LIFE - Lets Insure Future Existence WYSIWYG - What You See Is What You Get

Ainsi, à moins que l’on ne découvre une citation informatique antérieure, ce qui semble peu probable puisque les premiers logiciels wysiwyg n’apparaîtront qu’après 1972, l’honneur d’avoir inventé « wysiwyg » revient à une bande de lycéens texans, et non aux chercheurs de Palo Alto.

« What you see is what you get » en vint plus tard à être employée dans un sens plus général, souvent par des personnes, à l’image de la Geraldine de Flip Wilson, pour se décrire elles-mêmes. C’est une façon de dire : « je suis peut-être un franc-tireur au parler direct, mais je n’ai rien à cacher, laissez ma réputation parler pour moi », un peu à la manière du vieux dicton anglais « take me as you find me » (prenez-moi tel que je suis). L’entrepreneur britannique Sir Alan Sugar est réputé pour cette attitude, et il a d’ailleurs intitulé son autobiographie « What You See Is What You Get ».

Voir d’autres expressions nées aux États-Unis.

Exemples d'utilisation

  • You just sight, press a button and what you see, you get !
  • So with the exception of landscaping and decorator furnishings, what you see is what you get.