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Quelle est l'origine de l'expression « That's all she wrote » ?

La signification de l'expression

« That's all she wrote » signifie que c'est terminé, qu'il n'y a plus rien à ajouter.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « That’s all she wrote » ?

C’est une expression très américaine, il convient donc de commencer par une clarification pour les lecteurs britanniques, chez qui elle n’est pas d’usage courant. L’expression sert à exprimer l’idée que « c’est fini, il n’y a plus rien à dire ». Pour en chercher l’origine, il serait utile de savoir qui était cette « elle » et ce qu’elle avait exactement écrit. Comme nous allons le voir, et comme c’est souvent le cas en étymologie, ce n’est pas très clair.

Qui était cette fameuse « elle » ?

La version populaire de l’origine de cette expression en fait la chute d’une histoire mélancolique concernant un soldat américain en poste à l’étranger durant la Seconde Guerre mondiale. Ce triste militaire aurait reçu une lettre de sa bien-aimée. Il la lit à ses camarades : « Dear John » (« Cher John »). Alors, continue, lui dit-on. « C’est tout, that’s all she wrote. » L’histoire est plausible : « Dear John » était le code standard utilisé dans l’armée américaine pour désigner le genre de lettre aujourd’hui remplacé par un texto de rupture.

L’usage de « Dear John » est apparu à peu près à l’époque de la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs journaux des années 1940 mentionnent des lettres « Dear John » envoyées par Franklin Roosevelt, à qui l’on attribue parfois la création du terme. Il s’agit apparemment de fausses pistes dans la recherche de l’origine de l’expression, car ces lettres n’étaient adressées qu’à des personnalités publiques qui s’appelaient justement John, comme John Lord O’Brian ou John Maynard Keynes.

Le premier exemple que j’ai pu trouver faisant référence aux lettres « Dear John » avec leur sens habituel provient du journal floridien St. Petersburg Times, en mars 1944 :

The things that brought tears to their eyes included… the downcast GI about whom another told them “He just got a Dear John letter.” [Parmi les choses qui leur arrachaient des larmes… il y avait ce GI abattu dont un autre disait : « Il vient juste de recevoir une lettre Dear John. »]

Ces citations nous donnent une date approximative pour l’apparition de l’expression, mais pas sa source véritable. On peut choisir de croire l’histoire du soldat dont la lettre ne contenait que « Dear John », mais rien ne vient l’étayer.

Une source plus plausible serait une chanson de musique country intitulée « That’s All She Wrote », enregistrée par Ernest Tubb et publiée sous forme de partition en 1942 :

I got a letter from my mama, just a line or two She said listen daddy your good girl’s leavin’ you That’s all she wrote, didn’t write no more She’d left the gloom a hanging round my front door. [J’ai reçu une lettre de ma mère, juste quelques lignes. Elle disait : écoute chéri, ta gentille fille te quitte. C’est tout ce qu’elle a écrit, elle n’a plus rien écrit d’autre. Elle a laissé le chagrin planer devant ma porte.]

[Si vous voulez l’écouter, c’est un classique du genre country, suivez ce lien vers YouTube.]

Aussi plausible soit-elle, il est probable que Tubb ait repris l’expression de l’usage populaire plutôt que de l’avoir inventée lui-même. Un exemple imprimé antérieur à la sortie de sa chanson sur disque provient d’une chronique du journal texan The Brownsville Herald, en juin 1935 :

No power except that of the legislature can change the rolls. The assessor-collectors do not have the power, the commissioners’ courts do not have the power. That’s all she wrote and it’s final, the attorney general says in language much more eloquent and technical. [Aucun pouvoir, sinon celui de l’assemblée législative, ne peut modifier les listes. Les percepteurs-évaluateurs n’en ont pas le pouvoir, les tribunaux de commissaires non plus. C’est tout, that’s all she wrote, et c’est définitif, dit le procureur général en des termes bien plus éloquents et techniques.]

L’usage dans cet extrait semble indiquer que l’auteur employait l’expression au sens figuré, c’est-à-dire qu’il n’y avait pas de « elle » précise à laquelle le texte se rapportait, et qu’il s’attendait à ce que le lecteur en comprenne le sens. Si tel est le cas, l’expression pourrait bien être apparue avant 1935, il faudra donc continuer à chercher.

That’s All Folks !

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