Quelle est l'origine de cette expression ?
L’expression est aussi utilisée, bien que ce soit rare en dehors des États-Unis, comme euphémisme de « son of a bitch ».
Certains affirment que l’origine serait « fils d’un militaire » (c’est-à-dire d’un homme à canon), mais que ce soit ou non l’origine exacte, l’expression n’est plus employée avec ce sens.
Quelle est l’origine de l’expression « son of a gun » ?
Les étymologistes ne s’accordent pas sur l’origine de cette expression. Comme toujours, les désaccords surgissent lorsqu’il n’existe pas de preuve définitive, aussi je me contenterai de présenter les sources ici et vous laisserai juger par vous-même. Il existe principalement deux points de vue :
1. L’expression viendrait de « fils d’un militaire » (c’est-à-dire d’un canon).
La version la plus souvent répétée dans ce courant est que la marine britannique autorisait autrefois les femmes à vivre à bord des navires de guerre. Tout enfant né à bord dont la paternité était incertaine aurait été inscrit dans le journal de bord comme « son of a gun ». C’est un fait attesté que, bien que la Royal Navy interdise officiellement cette pratique, elle fermait les yeux sur la présence de femmes (épouses ou prostituées) accompagnant les marins en mer. Cette version a donc une certaine plausibilité.
Les sources défendant l’idée que « son of a gun » signifie « fils d’un militaire » sont :
- Jon Badcock, Slang : A Dictionary of the Turf, 1823 :
[son of a gun means] ‘a soldier’s bastard’. [« son of a gun signifie » : « le bâtard d’un soldat ».]
- The Sailor’s Word-Book : an alphabetical digest of nautical terms, William Henry Smyth, 1867 :
“An epithet conveying contempt in a slight degree, and originally applied to boys born afloat, when women were permitted to accompany their husbands at sea; one admiral declared he literally was thus cradled, under the breast of a gun-carriage.” [« Une épithète exprimant un léger mépris, appliquée à l’origine aux garçons nés en mer, à l’époque où les femmes étaient autorisées à accompagner leurs maris ; un amiral déclara avoir littéralement été bercé ainsi, sous l’affût d’un canon. »]
La première occurrence imprimée connue de « son of a gun » se trouve dans The British Apollo No. 43, 1708 :
“You’r a Son of a Gun.” [« Tu es un son of a gun. »]
Cette source ne mentionne pas le contexte militaire, et toutes les explications reliant « son of a gun » à l’armée apparaissent 150 ans plus tard, voire davantage. Cependant, Smyth était lui-même amiral de la Royal Navy et donc mieux placé que quiconque pour savoir ce qui se passait à bord des navires de guerre. Que la version militaire ou navale soit ou non à l’origine de l’expression, il est clair qu’en 1823 au moins, elle était employée avec ce sens.
À l’inverse, on pourrait trouver étrange que les militaires n’aient apparemment jamais eu de filles, ou n’y voir que le reflet du sexisme de l’époque. Il existe plusieurs expressions anglaises contenant le mot « son » (fils) :
Every mother’s son Go on my son Like father, like son My son the doctor Number one son On me ‘ead, son
alors qu’il est difficile de penser à autre chose que « don’t put your daughter on the stage » lorsqu’il s’agit de filles.
2. Le terme serait euphémique, une variante rimée commode de « son of a bitch/whore ».
« Son of a bitch » fait partie de la langue depuis des siècles, certainement assez longtemps pour que l’on ait inventé une variante euphémique rimée. Shakespeare emploie quelque chose de similaire dans King Lear, 1605 :
“One that art nothing but the composition of a Knave, Begger, Coward, Pandar, and the Sonne and Heire of a Mungrill Bitch.” [« Toi qui n’es rien d’autre que la somme d’un fripon, d’un mendiant, d’un lâche, d’un entremetteur, et le fils et héritier d’une chienne bâtarde. »]
La version militaire s’appuie sur des indices circonstanciels, tandis que l’origine par euphémisme rimé ne semble reposer que sur des conjectures.