Quelle est l'origine de cette expression ?
Quelle est l’origine de l’expression « Sloane Ranger » ?
Le terme Sloane Ranger s’applique le plus souvent à de jeunes femmes. Lady Diana Spencer, avant son mariage, était l’archétype de la Sloane. La richesse et une position sociale appartenant à la haute bourgeoisie, sans être nécessairement aristocratique, en sont des conditions indispensables. Les Sloanes sont largement moquées et, quel que soit leur niveau d’éducation, elles sont généralement considérées comme des mondaines un peu sottes. Une Sloane type pourrait s’appeler Victoria ou Sophie et, avant d’épouser un Sloane masculin, occuper un emploi à temps partiel dans la garde d’enfants ou les relations publiques. Un Sloane type, lui, pourrait s’appeler Ben ou Toby et choisir une carrière dans l’armée ou la finance londonienne.
Ce terme a été forgé dans les années 1970 à partir de Sloane Square, une place élégante et coûteuse à la frontière des quartiers de Belgravia et de Chelsea, à Londres, et s’inspire naturellement du Lone Ranger (le Ranger solitaire). Il pourrait aussi avoir été influencé par la Range Rover, véhicule très prisé de cette catégorie sociale. On ignore qui l’a inventé précisément, mais l’expression est souvent associée à Peter York, alors rédacteur du style pour le magazine Harpers & Queen et coauteur du Harpers & Queen’s The Official Sloane Ranger Handbook.
Dans le numéro d’octobre 1975 de Harpers & Queen, York évoque à plusieurs reprises les Sloane Rangers, et ce sont les premières occurrences imprimées connues du terme :
- The Sloane Rangers … are the nicest British Girl.
- The Sloane Rangers always add tone. They never put on prole accents, like self-conscious Oxford boys in the sixties.
- Once a Sloane marries and moves to Kennington and starts learning sociology through the Open University, she is off the rails.
- Sloaneness, some people would say, is a track to be liberated from.
- Sloane Ranger pet hates … incense, Norman Mailer.
[« Les Sloane Rangers… sont les plus charmantes des jeunes Anglaises. Les Sloane Rangers ajoutent toujours une touche de distinction. Elles ne prennent jamais d’accents populaires, contrairement aux garçons d’Oxford complexés des années soixante. Une fois qu’une Sloane se marie, s’installe à Kennington et commence à étudier la sociologie par correspondance, elle a déraillé. Le sloanisme, diraient certains, est une voie dont il faut se libérer. Parmi les bêtes noires des Sloane Rangers : l’encens, Norman Mailer. »]