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Quelle est l'origine de l'expression « Rest on your laurels » ?

La signification de l'expression

« Rest on your laurels » désigne le fait de se contenter de ses succès passés au lieu de continuer à faire des efforts.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « rest on your laurels » ?

Les lauriers évoqués lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il « rests on his laurels » sont les arbres au parfum aromatique appelés Laurus Nobilis, ou plus précisément leurs feuilles. Ces arbres, connus familièrement sous le nom de laurier sauce, sont couramment cultivés à des fins culinaires ou ornementales. C’est cette plante qui sert à confectionner les couronnes de laurier.

L’origine de l’expression remonte à la Grèce antique, où les couronnes de laurier symbolisaient la victoire et le prestige. Bien sûr, dans la Grèce antique, histoire et mythologie se mêlent souvent, il faut donc rester prudent. Les Grecs de l’époque préchrétienne associaient leur dieu Apollon au laurier, ce qui est un fait historique avéré, comme le montre cette image d’Apollon portant une couronne de laurier sur une pièce de monnaie du IIe siècle avant J.-C. Cette association trouve son explication dans le mythe de l’amour d’Apollon pour la nymphe Daphné, qui se transforma en laurier au moment même où Apollon l’approchait (tout pouvait arriver quand on était un dieu grec). Sans se décourager, Apollon embrassa l’arbre, en coupa une branche pour en faire une couronne et déclara la plante sacrée. C’est cette croyance qui poussa les Grecs à remettre des couronnes de laurier aux vainqueurs des Jeux pythiques, organisés à Delphes en l’honneur d’Apollon tous les quatre ans à partir du VIe siècle avant J.-C.

Après le déclin des empires grec et romain, l’usage des couronnes de laurier comme symboles de victoire semble avoir connu une longue éclipse et ne réapparaît qu’au Moyen Âge. Geoffrey Chaucer évoque les lauriers dans ce sens dans Le Conte du chevalier, vers 1385 :

With laurer corouned as a conquerour And there he lyueth in ioye and in honour.

[Couronné de laurier comme un conquérant, il y vécut dans la joie et l’honneur]

Un « lauréat » désignait à l’origine une personne couronnée d’une couronne de laurier. Nous continuons d’appeler « lauréats » ceux qui sont particulièrement honorés, même si les feuilles de laurier finissent aujourd’hui plutôt dans la cuisine. Les lauréats bénéficient néanmoins d’autres avantages : les lauréats du prix Nobel reçoivent une jolie médaille et 10 millions de couronnes suédoises, tandis que les poètes lauréats (au Royaume-Uni du moins) touchent un salaire appréciable et un tonneau de xérès.

Quant à la signification de l’expression, « se reposer sur ses lauriers » n’est aujourd’hui absolument pas considéré comme une attitude louable : elle suggère un glissement vers la paresse et le manque d’effort. Ce n’était pas le sens d’origine. Lorsque l’expression « rest on your laurels », ou, sous sa forme initiale, « repose on your laurels », fut créée, elle apparaissait invariablement dans le discours d’adieu rendu à quelque vieux soldat ou fonctionnaire partant à la retraite. On en trouve un exemple précoce dans The Memoirs of the Cardinal de Retz, 1723 :

The Duke [of Orleans] was old enough to take his Repose under the Shadow of his Laurels.

[Le duc (d’Orléans) était assez âgé pour prendre son repos à l’ombre de ses lauriers]

« Repose », bien sûr, était employé au sens figuré, personne n’imaginait quiconque dormir sur un lit de feuilles de laurier, même si la citation ci-dessus pourrait être interprétée comme faisant référence aux arbres eux-mêmes plutôt qu’aux couronnes. Aucun doute de ce genre avec une citation un peu plus tardive du Gentleman’s Magazine, publié à Londres en 1733, à propos du départ à la retraite d’un maître d’école de Westminster School :

So thou, paternal Sage, may’st now repose. Nor seek new Laurels to adorn thy Brows.

[Ainsi, sage paternel, tu peux désormais te reposer, sans chercher de nouveaux lauriers pour orner ton front]

Dès qu’on entre dans le XIXe siècle et son énergie débordante, le sens de l’expression change et elle se charge d’une tonalité clairement désapprobatrice. La revue The Literary Chronicle, en 1825, qui fait pourtant l’éloge de l’œuvre de Maria Edgeworth, écrit :

We do not affect to wish she should repose on her laurels and rest satisfied; on the contrary, we believe that genius is inexhaustible… For Miss Edgeworth there must be no rest on this side the grave.

[Nous ne feignons pas de souhaiter qu’elle se repose sur ses lauriers et se contente de son sort ; au contraire, nous pensons que le génie est inépuisable… Pour Miss Edgeworth, il ne doit y avoir aucun repos de ce côté-ci de la tombe]

Nous ne sommes guère plus indulgents aujourd’hui. Les « one-hit wonders » sont raillés et, avec tout le sérieux anglo-saxon qui s’impose, Anthony Burgess a balayé l’incapacité de son confrère Joseph Heller à écrire un second roman pendant treize ans après le succès de Catch-22, en lançant que « Heller souffre de cette maladie américaine à la mode, le syndrome de la page blanche ».