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Quelle est l'origine de l'expression « Montezuma's revenge » ?

La signification de l'expression

« Montezuma's revenge » désigne la diarrhée du voyageur, cette maladie que contractent souvent les touristes en buvant l'eau locale ou en mangeant une nourriture à laquelle leur organisme n'est pas habitué.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « Montezuma’s revenge » ?

Montezuma II (aussi orthographié Moctezuma II) fut empereur du Mexique de 1502 à 1520 et régnait lorsque les Espagnols entamèrent la conquête de l’empire aztèque. La maladie en question, familièrement appelée « la chiasse » ou plus formellement « diarrhée du voyageur », est généralement causée par l’eau locale ou une nourriture à laquelle les visiteurs ne sont pas habitués. Il s’agit d’une infection bactérienne, toujours désagréable et parfois grave. La plupart des cas sont dus à la bactérie E. coli.

L’idée de « vengeance » dans l’expression fait allusion à la supposée hostilité des pays autrefois colonisés par des puissances plus fortes, qui prendraient ainsi, à leur petite échelle mais efficacement, leur revanche.

De nombreux pays autrefois colonisés sont aujourd’hui des destinations touristiques, et les noms donnés à cette affection reflètent la région du monde concernée. Ces euphémismes sont généralement comiques, traduisant à la fois la gêne du malade et l’amusement de ceux qui y échappent. Bien sûr, si Montezuma n’avait aucune raison d’aimer les conquistadors, sa vengeance ne se limite pas aux Espagnols. On trouve aussi comme noms :

The Gringo Gallop The Aztec Two-step

Ceux qui ont le malheur de souffrir de ce mal en Asie pourront l’entendre appeler :

Gandhi’s Revenge, Delhi Belly, The Rangoon Runs, Bombay Belly (Inde) Gyppy Tummy, The Cairo Two-step, Pharaoh’s Revenge, Mummy’s Tummy (Égypte) Bali Belly (Indonésie)

Les voyageurs venus d’Asie vers l’Occident risquent tout autant de souffrir de cette maladie, car elle n’est pas causée principalement par des conditions d’hygiène insuffisantes, mais par l’ingestion d’une souche de bactérie E. coli à laquelle l’organisme n’est pas habitué, un phénomène tout aussi probable à Londres ou à Los Angeles qu’au Caire ou à Kuala Lumpur.

Delhi Belly et Gyppy Tummy furent les premiers de ces termes à se répandre largement, apparus pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque de nombreux soldats britanniques et américains combattaient en Afrique du Nord et en Asie. Les citations les plus anciennes retrouvées à l’imprimé proviennent de l’Indiana Evening Gazette, octobre 1942 :

“Americans on duty overseas are learning also to guard against ‘Teheran tummy’ and ‘Delhi belly’” [Les Américains en poste à l’étranger apprennent aussi à se méfier du « Teheran tummy » et du « Delhi belly »]

et dans l’ouvrage d’Alan Moorehead, A Year of Battle, 1943, qui résume assez bien la situation :

“Few set foot in Egypt without contracting ‘Gyppy Tummy’… It recurs at irregular intervals and it makes you feel terrible.” [Peu de gens posent le pied en Égypte sans attraper la « Gyppy Tummy »… Elle revient à intervalles irréguliers et vous fait vous sentir terriblement mal.]

En tant qu’expression, « Montezuma’s revenge » n’est pas particulièrement ancienne. La plus ancienne citation que l’on puisse trouver à l’imprimé provient du journal américain The Modesto Bee, février 1959 :

“In Mexico it sometimes is called the Aztec curse, Montezuma’s revenge… and other colorful names. It can be either a mild or explosive illness.” [Au Mexique, on l’appelle parfois la malédiction aztèque, « Montezuma’s revenge »… et d’autres noms pittoresques. Il peut s’agir d’une maladie légère ou, au contraire, explosive.]