Quelle est l'origine de cette expression ?
Quelle est l’origine de l’expression « a knight in shining armour » ?
L’usage actuel de cette expression est bien sûr figuré et renvoie à l’idée de galants chevaliers sauvant de belles demoiselles en détresse. La réalité derrière cette imagerie est douteuse et doit beaucoup au travail des romanciers et peintres victoriens fascinés par l’idéal chevaleresque d’une cour imaginaire de Camelot. Néanmoins, les chevaliers portaient bien des armures, et celles des membres de la royauté et de la haute noblesse étaient hautement polies et brillaient réellement.
La plus ancienne référence imprimée que j’ai trouvée à cette expression date de la fin du XVIIIe siècle, dans la revue britannique The Monthly Review, en 1790, dans un poème intitulé Amusement : A Poetical Essay, de Henry Pye :
No more the knight, in shining armour dress’d Opposes to the pointed lance his breast
[Le chevalier, vêtu d’une armure brillante, n’oppose plus sa poitrine à la lance pointue]
Beaucoup de citations du XIXe siècle décrivent des chevaliers imaginaires qui volent au secours de demoiselles évanouies. C’est presque, mais pas tout à fait, l’usage figuré que nous connaissons aujourd’hui, où les « knights in shining armour » actuels peuvent s’habiller comme bon leur semble. Les premières occurrences que j’ai trouvées convoquant l’image de l’« armure brillante » dans d’autres contextes viennent des États-Unis (où l’on écrit « armor », bien sûr) ; par exemple, ce passage du Kenosha Times, de septembre 1857 :
“The ticket nominated is composed of able, earnest, honest men - of men by their reputation for personal worth and integrity protected from assaults as by a shining armor.”
[La liste nommée est composée d’hommes capables, sincères et honnêtes, protégés des attaques par leur réputation de valeur personnelle et d’intégrité, comme par une armure brillante.]