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Quelle est l'origine de l'expression « Katy bar the door » ?

La signification de l'expression

« Katy bar the door » s'emploie pour annoncer que des ennuis ou des troubles graves sont sur le point d'arriver.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « Katy bar the door » ?

L’expression « Katy bar the door » s’emploie surtout dans le sud des États-Unis, mais il n’est pas certain qu’elle y soit née.

La première utilisation connue de Katie bar the door à l’écrit se trouve, à ma connaissance, dans le journal américain The Louisiana Democrat, en octobre 1872 :

The Custom House Packet, with the Custom House colored band, U.S. Marshal Packard, in command, with the old flag triumphantly kissing the breeze of old Red, the band playing “Katie, Bar The Door,” and with waving rags touched the wharf and proceeded to land her precious cargo.

[Le Custom House Packet, avec la fanfare de couleur du Custom House, sous le commandement du maréchal des États-Unis Packard, le vieux drapeau embrassant triomphalement la brise du vieux fleuve Red, la fanfare jouant « Katie, Bar The Door », et les drapeaux flottants, a touché le quai et procédé au débarquement de sa précieuse cargaison.]

Cet extrait ne rend pas la signification très claire. Pour cela, il faut se tourner vers une entrée légèrement plus tardive d’un journal américain, The Democrat, octobre 1879 :

To sum it all up, my advice to anyone thinking of going there would be “don’t,” unless they have a pocketfull of the “rhino” which they can afford to lose. I saw it was “Katy bar the door” with me unless I skipped, and I lost no time in skipping.

[Pour tout résumer, mon conseil à quiconque songerait à s’y rendre serait « n’y allez pas », à moins d’avoir les poches pleines de « pognon » qu’il peut se permettre de perdre. J’ai vu que c’était « Katy bar the door » pour moi si je ne filais pas, et je n’ai pas perdu de temps pour filer.]

Une hypothèse sur l’origine de l’expression est qu’elle proviendrait de la chanson populaire écossaise traditionnelle Get Up and Bar the Door. Celle-ci fut publiée par le collecteur et éditeur écossais de chansons David Herd, dans son recueil Ancient and Modern Scottish Songs, Heroic Ballads, etc., en 1776. La chanson repose sur l’entêtement d’un mari et d’une femme qui se disputent pour savoir qui doit verrouiller la porte de leur maison et concluent un pacte : celui qui parlera le premier devra le faire, ce qui permet à « deux gentilshommes » d’entrer dans la maison sans y être invités :

It fell about the Martinmas time, And a gay time it was then, When our good wife got puddings to make, And she’s boild them in the pan. … Then up and started our goodwife, Gied three skips on the floor: “Goodman, you’ve spoken the foremost word, Get up and bar the door.”

[C’était à l’époque de la Saint-Martin, et c’était alors un temps joyeux, quand notre bonne femme devait préparer des boudins, et les faisait bouillir dans la marmite. … Alors notre bonne femme se leva d’un bond, fit trois pas sur le sol : « Bonhomme, tu as parlé le premier, lève-toi et verrouille la porte. »]

Les arguments contre cette origine sont que la chanson ne mentionne pas de Katie et qu’elle n’est pas américaine, bien que ce dernier point puisse s’expliquer par l’émigration de nombreux Écossais vers les États-Unis à la fin du XIXe siècle. Elle correspond néanmoins bien au sens de l’expression, à savoir le lien entre le fait de ne pas verrouiller la porte et l’arrivée imminente d’ennuis.

Une autre hypothèse relie l’expression à l’histoire de Catherine Douglas et à sa tentative de sauver le roi d’Écosse Jacques Ier.

Celui-ci fut attaqué par des sujets mécontents à Perth en 1437. La pièce où se trouvait Jacques avait une porte dont la barre de verrouillage manquait.

Selon l’histoire, Catherine Douglas tenta de le sauver en barrant la porte avec son propre bras. Son bras fut brisé et la foule assassina le roi. La « jeune fille qui barra la porte », Catherine Douglas, fut dès lors connue sous le nom de Catherine Barlass.

L’histoire, bien qu’empreinte du style romantique historique de Sir Walter Scott, est assez bien documentée par des sources contemporaines, et les descendants de Catherine Douglas portent encore aujourd’hui le nom de Barlass.

L’événement fut commémoré dans le poème de Dante Gabriel Rossetti, The King’s Tragedy, 1881. Le poème complet compte 173 strophes, mais cet extrait montre les liens possibles avec « Katy bar the door » :

Then the Queen cried, “Catherine, keep the door, And I to this will suffice!” At her word I rose all dazed to my feet, And my heart was fire and ice. … Like iron felt my arm, as through The staple I made it pass:- Alack! it was flesh and bone - no more! 570 ‘Twas Catherine Douglas sprang to the door, But I fell back Kate Barlass.

[Alors la reine s’écria : « Catherine, garde la porte, et je m’occuperai du reste ! » À ces mots, je me levai tout étourdie, et mon cœur était de feu et de glace. … Mon bras me sembla de fer, tandis que je le faisais passer dans le gond : hélas, ce n’était que chair et os, rien de plus ! Ce fut Catherine Douglas qui se précipita vers la porte, mais je retombai Kate Barlass.]

Laquelle de ces explications, si tant est qu’une seule soit exacte, demeure incertaine. L’histoire de Kate Barlass semble toutefois avoir la revendication la plus solide.