Quelle est l'origine de cette expression ?
Quelle est l’origine de l’expression « I see no ships » ?
« I see no ships » décrit la réponse que l’amiral Horatio Nelson aurait faite en désobéissant délibérément à un signal de retrait lors d’un engagement naval. Le même épisode est aussi à l’origine de l’expression turn a blind eye.
Qui a forgé l’expression « turn a blind eye » et si Nelson a réellement prononcé « I see no ships », nous ne pouvons plus le savoir avec certitude aujourd’hui. Ce dont nous sommes sûrs, en revanche, c’est que les deux expressions renvoient à une bataille navale bien réelle et bien documentée, et au rôle qu’y a joué Nelson.
Lors de la bataille navale de Copenhague en 1801, Nelson mena l’attaque de la flotte britannique contre une flotte conjointe danoise et norvégienne. La flotte britannique était alors commandée par l’amiral Sir Hyde Parker. Les deux hommes étaient en désaccord sur la tactique à adopter, et à un moment donné, Hyde Parker envoya un signal (au moyen de drapeaux) ordonnant à Nelson de se retirer. Nelson était convaincu qu’il pouvait remporter la victoire s’il persistait, et c’est à ce moment qu’il « turned a blind eye » (ferma les yeux volontairement).
Dans leur biographie Life of Nelson, publiée seulement huit ans plus tard, Clarke et M’Arthur rapportent ce qu’ils présentent comme les paroles exactes de Nelson à ce moment-là :
[Putting the glass to his blind eye] “You know, Foley, I have only one eye - and I have a right to be blind sometimes… I really do not see the signal.” [En portant la longue-vue à son œil aveugle] « Vous savez, Foley, je n’ai qu’un œil, et j’ai bien le droit d’être aveugle de temps en temps… En vérité, je ne vois pas le signal. »
Que Nelson ait ou non inventé « I see no ships », ce sont ses actes au combat qui ont fait entrer cette phrase dans le langage courant.
Les drapeaux utilisés par Nelson pendant les guerres napoléoniennes jouent également un rôle dans une autre expression bien connue du public anglophone : « England expects that every man will do his duty ». Il s’agit du message signalé à la flotte anglaise juste avant la bataille de Trafalgar, en 1805.
Ce que Nelson avait en réalité demandé de transmettre était « England confides [c’est à dire, a confiance] that each man will do his duty ». Le lieutenant John Pasco, officier de signalisation du navire, suggéra d’utiliser « expects » plutôt que « confides », car ce mot pouvait être transmis par un seul drapeau, alors que « confides » aurait dû être épelé, une lettre par drapeau.
Nelson répondit alors : « That will do, Pasco, make it directly » (« Cela suffira, Pasco, faites-le immédiatement »).