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Quelle est l'origine de l'expression « Head over heels » ?

La signification de l'expression

« Head over heels » signifie être complètement bouleversé, en particulier être follement amoureux, alors que l'expression décrivait à l'origine le fait d'être culbuté, la tête en bas.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « Head over heels » ?

« Head over heels » s’emploie aujourd’hui le plus souvent dans l’expression « head over heels in love », c’est à dire éperdument amoureux. À l’origine, elle n’avait pourtant pas ce sens et désignait exclusivement le fait de se retrouver temporairement à l’envers. C’est l’une des nombreuses expressions que l’on utilise pour décrire des choses qui ne sont pas dans leur état habituel, comme « upside-down », « topsy-turvy », « topple up tail », « a*** over tea-kettle » ou encore « bass-ackwards ».

Le roman Contemplative Man d’Herbert Lawrence, paru en 1771, contient la première citation connue de « head over heels » :

“He gave [him] such a violent involuntary kick in the Face, as drove him Head over Heels.” [Il lui donna un coup de pied si violent et involontaire au visage qu’il l’envoya head over heels.]

La première mention associée à l’amour apparaît après que l’expression eut traversé l’Atlantique. Cet exemple, tiré du journal américain de l’Indiana The Lebanon Patriot, en juin 1833, et l’absence de guillemets ou d’explication suggèrent que l’expression était déjà d’usage courant à cette date :

“About ten years ago Lotta fell head over heels in love with a young Philadelphian of excellent family.” [Il y a environ dix ans, Lotta est tombée éperdument amoureuse (head over heels in love) d’un jeune homme de Philadelphie issu d’une excellente famille.]

On trouve une occurrence légèrement antérieure et similaire dans le journal irlandais The Ballyshannon Herald, en septembre 1832 :

“Michael Croker… swore that he was overhead and heels in love with her, and that he had no business in this world unless she consented to make him happy.” [Michael Croker… jura qu’il était overhead and heels in love d’elle, et qu’il n’avait aucune raison d’être en ce monde si elle ne consentait pas à le rendre heureux.]

On ne peut pas savoir avec certitude si « overhead and heels in love » était une forme antérieure, une simple variante, ou tout bonnement une erreur.

L’expression n’a guère de sens littéral. Où garde-t-on habituellement sa tête ?

« Head over heels » illustre bien le fait que le langage peut communiquer un sens même quand il n’a aucune logique littérale. Après tout, notre tête se trouve normalement au-dessus de nos talons. L’expression est apparue au XIVe siècle sous la forme « heels over head », qui désignait le fait de faire la roue ou une culbute. On la retrouve plus tard dans History of Frederick the Great de Thomas Carlyle, en 1864 :

“A total circumgyration, summerset, or tumble heels-over-head in the Political relations of Europe.” [Une véritable révolution, culbute ou chute heels-over-head dans les relations politiques de l’Europe.]

Autre remarque : l’orthographe « summerset » employée par Carlyle pour « somersault » (culbute). John Lennon a repris cette forme dans « Being for the Benefit of Mr. Kite » : « Ten somersets he’ll undertake on solid ground ».

« Head over heels » n’est pas un cas isolé : de nombreux idiomes courants n’ont aucun sens littéral. Un autre bel exemple est « putting your best foot forward ». Quiconque voudrait s’y essayer devrait au préalable se munir d’au moins trois jambes. Nous autres humains devrions nous contenter de mettre en avant notre « meilleur » pied, à moins de vouloir finir « heels over head ».

Exemples d'utilisation

  • Il est tombé « head over heels » pour elle dès leur première rencontre.
  • Depuis cette chute, il se sent complètement « head over heels ».