Français

Quelle est l'origine de l'expression « Hat trick » ?

La signification de l'expression

Un « hat trick » désigne l'exploit de réaliser trois réussites consécutives, à l'origine trois guichets pris de suite au cricket.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « Hat trick » ?

Les pages sportives des journaux britanniques ont été pleines de « hat tricks » récemment (2010), en raison d’une série de ces exploits en début de saison de Premiership de football. Didier Drogba, qui jouait pour Chelsea, a manqué de peu de devenir le premier joueur de Premiership à réaliser un hat trick de hat tricks, c’est-à-dire trois buts lors de chacun de trois matchs consécutifs. Ces comptes rendus parlent de joueurs qui « marquent un hat trick », mais les premiers hat tricks n’étaient pas marqués, ils étaient « pris ».

Alors, d’où vient le terme « hat trick » ? Le premier sport associé à ce terme fut le cricket. Dès les années 1870, on trouve mention de « hat tricks » dans la littérature cricketique, par exemple dans cet extrait de James Lillywhite’s Cricketers’ Annual de 1877 :

Having on one occasion taken six wickets in seven balls, thus performing the hat-trick successfully.

[Ayant, à une occasion, pris six guichets en sept balles, réalisant ainsi le hat trick avec succès.]

Bien que cela ne définisse pas exactement ce qu’est un hat trick, les esprits mathématiques auront remarqué que, pour prendre six guichets en sept balles, un lanceur doit forcément prendre au moins trois guichets consécutifs.

Selon une théorie, sans qu’il existe suffisamment de documents pour l’affirmer avec certitude, si un lanceur éliminait trois batteurs de suite, on faisait une collecte dont le produit servait à lui acheter un chapeau neuf. Ou alors, un chapeau circulait et le lanceur en empochait le contenu. Cela explique le mot « hat » (chapeau), mais pourquoi « trick » (tour) exactement ? L’exploit est difficile et reste assez rare au cricket, puisqu’il n’y a eu que 37 hat tricks dans l’histoire du cricket test, mais « trick » ne semble pas le mot le plus évident pour le désigner. Ce choix de mot a probablement été influencé par la soudaine popularité des « Hat Tricks » des prestidigitateurs de music-hall, qui a immédiatement précédé la première utilisation du terme sur le terrain de cricket.

Le tour de magie du Hat Trick, où l’on sort d’un chapeau haut de forme des objets, généralement des lapins, des bouquets de fleurs, des guirlandes de drapeaux, etc., nous est bien connu aujourd’hui mais constituait une nouveauté dans les années 1860. On ne sait pas qui a inventé ce tour. La première mention imprimée que l’on puisse trouver date du magazine Punch de 1858 :

Professor Willjabber Derby’s Clever Hat-Trick. Wiljada Freckel was a clever German conjuror, who produced an infinity of objects from a hat.

[Le brillant tour du chapeau du professeur Willjabber Derby. Wiljada Freckel était un habile prestidigitateur allemand, qui produisait une infinité d’objets à partir d’un chapeau.]

Ce tour s’accomplit soit en utilisant un chapeau haut de forme à double fond, soit par un tour de main. Il devint une véritable mode dans l’Angleterre victorienne et, si l’expression « hat trick » n’apparaît pas imprimée avant 1858, on la retrouve ensuite de nombreuses fois dans les journaux pendant tout le reste du XIXe siècle.

Lorsque les joueurs de cricket des années 1870 ont voulu nommer un exploit impressionnant impliquant un chapeau, quel nom plus évident que l’expression alors omniprésente « hat trick » ?

Le terme fut également repris de la scène du music-hall pour la scène politique : on disait des députés victoriens qu’ils avaient « fait un hat trick » lorsqu’ils réservaient leur siège à la Chambre des communes en y laissant leur haut-de-forme.