Quelle est l'origine de cette expression ?
Quelle est l’origine de l’expression « the hair of the dog » ?
La version complète de cette expression, à savoir « the hair of the dog that bit me » (le poil du chien qui m’a mordu), donne un indice sur l’origine du nom de ce prétendu remède contre la gueule de bois.
Cette expression vient de la croyance médiévale selon laquelle, lorsqu’une personne était mordue par un chien enragé, on pouvait la soigner en appliquant sur la blessure infectée un poil du même chien. On ignore combien de personnes se sont fait mordre une seconde fois en essayant d’approcher le chien en question pour récupérer ce poil et appliquer ce remède parfaitement inefficace. Connaître cette origine devrait au moins mettre fin à la faute d’orthographe fréquente « hare of the dog ».
Avec la plupart des expressions métaphoriques ayant une origine littérale, comme toe the line ou on the warpath, l’usage figuré ne se popularise généralement qu’après la disparition de l’usage littéral. « The hair of the dog » fait exception, car la version figurée est attestée avant tout exemple connu de son sens littéral.
John Heywood, dans son texte ancien A Dialogue conteinyng the nomber in effect of all the Prouerbes in the Englishe tongue, 1546, emploie l’expression avec une référence claire à la boisson :
I pray thee let me and my fellow have A hair of the dog that bit us last night - And bitten were we both to the brain aright. We saw each other drunk in the good ale glass.
[Je t’en prie, laisse-moi, ainsi que mon compagnon, avoir un poil du chien qui nous a mordus la nuit dernière, car nous avons tous deux été mordus jusqu’au cerveau, à voir combien nous étions ivres devant notre bonne chope de bière.]
Un autre texte utile, le A dictionarie of the French and English tongues de Randle Cotgrave, 1611, mentionne également la version « boisson » de l’expression :
Our Ale-knights [habitual drinkers] often use this phrase, and say, Give us a haire of the dog that last bit us.
[Nos chevaliers de la bière [buveurs invétérés] emploient souvent cette expression et disent : donnez-nous un poil du chien qui nous a mordus la dernière fois.]
Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que l’usage littéral du poil de chien pour soigner les morsures est attesté par écrit. Robert James évoque cette méthode dans A Treatise on Canine Madness, 1760 :
The hair of the dog that gave the wound is advised as an application to the part injured.
[On recommande d’appliquer sur la blessure le poil du chien qui l’a infligée.]
En réalité, James se montre plutôt sceptique quant à ce traitement, lui préférant un autre remède tout aussi peu prometteur mais couramment admis : l’application de cendres d’écrevisses.
Si le poil du chien qui nous a mordus est désormais rejeté comme traitement efficace contre la rage, le fait de reprendre un peu d’alcool pour soigner une gueule de bois repose sur une certaine base scientifique. Les symptômes de la gueule de bois sont en partie provoqués par le sevrage lié à l’intoxication alcoolique. Une petite quantité d’alcool peut apporter un soulagement temporaire, même si, à plus long terme, elle aggrave la gueule de bois.