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Quelle est l'origine de l'expression « Flotsam and jetsam » ?

La signification de l'expression

« Flotsam and jetsam » désigne les débris flottants ou jetés à la mer, et par extension les objets ou personnes sans valeur ou sans importance.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « Flotsam and jetsam » ?

Aujourd’hui, on voit rarement flotsam et jetsam l’un sans l’autre, bien que ces mots, sous diverses graphies, aient eu des sens distincts et aient souvent été employés séparément au XVIIe siècle. John Cowell, dans sa publication de 1607 intitulée The interpreter : or booke containing the signification of words (ce que nous appellerions aujourd’hui, plus prosaïquement, un dictionnaire), écrivait « Flotsen alias (Flotzam) ». Dans le Sandwich de Boys, en 1570 (il s’agit là aussi d’un livre, pas d’un en-cas), on trouve :

“At a special brother-hood held at Sandwich: Decreed to give the Lord Warden of free gift and not otherwise the third part of all wrecks and fyndalls floating and the half of all wrecks and fyndalls jottsome, viz. dryuen to the londe yshore.”

(« Lors d’une assemblée spéciale tenue à Sandwich : il fut décrété de donner au Lord Warden, à titre de don gratuit et non autrement, le tiers de toutes les épaves et trouvailles flottantes, et la moitié de toutes les épaves et trouvailles échouées, c’est-à-dire poussées jusqu’au rivage. »)

Il existe un moyen mnémotechnique simple pour distinguer flotsam de jetsam : flotsam flotte. Le flotsam (ou floatsome) désigne les objets qui flottent du fait de l’action de la mer, tandis que le jetsam désigne ceux qui ont été jetés par-dessus bord par l’équipage d’un navire (même s’ils peuvent, eux aussi, flotter).

Chaque fois que flotsam et jetsam se retrouvent autour d’un verre, ils évoquent le souvenir de leur triplé depuis longtemps disparu : le lagan. Ce mot désigne les marchandises ou débris qui reposent au fond de la mer et, à l’image de Gummo et Zeppo Marx, il est rarement mentionné.

Au tournant du XVIIe siècle pourtant, lagan était encore en vogue. Le texte de 1591, Articles concerning the admiralty of England, and the iurisdiction thereof, précisait :

“Any ship, yron, leade, or other goods floating or lying under the water or in the depth, of which there is no possessor or owner, which commonly are called Flotzon, Jetson, and Lagan.”

(« Tout navire, fer, plomb ou autre bien flottant ou reposant sous l’eau ou dans les profondeurs, sans possesseur ni propriétaire, communément appelé Flotzon, Jetson et Lagan. »)

La couronne d’Angleterre ne laissait guère passer une occasion lorsqu’il était question d’argent, et dès 1622 on affirmait que ces biens aquatiques « sans propriétaire » devenaient désormais propriété du roi. Robert Callis écrivait (citant Coke) : « Flotsan, Jetsan and Lagan are goods on or in the Sea, and … they belong to the King. » (« Flotsan, Jetsan et Lagan sont des biens sur ou dans la mer, et … ils appartiennent au roi. »)

Flotsam et jetsam formèrent alors leur propre alliance et laissèrent lagan sombrer dans l’oubli au début du XIXe siècle. Sir Walter Scott, dans son Diary de 1848 (publié plus tard par John Lockhart), en fait mention :

“The goods and chattles of the inhabitants are all said to savour of Flotsome and Jetsome.”

(« On dit que les biens et effets des habitants ont tous des relents de Flotsome et Jetsome. »)