Quelle est l'origine de cette expression ?
Quelle est l’origine de l’expression « Cotton on » ?
L’expression « cotton on to », avec le sens ci-dessus, semble limitée au Royaume-Uni et aux pays autrefois membres de l’Empire britannique, notamment l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Aux États-Unis, en particulier dans les États du Sud, on emploie plutôt « cotton to », avec un sens légèrement différent, celui de « se prendre d’affection pour quelqu’un ».
Dès 1648, dans un pamphlet intitulé Mercurius Elencticus, moquant le parlement anglais, le soldat et poète royaliste Sir George Wharton employait « cotton », orthographié alors « cotten », comme verbe signifiant « faire des avances amicales ». « Cotten up to » et « cotten to » étaient tous deux utilisés dans le sens de « se lier d’amitié avec ». On ne sait pas clairement si cela faisait référence à la fâcheuse tendance du coton brut humide à coller à tout, ou si cela évoquait plutôt le rapprochement des vêtements en coton lors d’une avance amoureuse. John Camden Hotten, dans son A Dictionary of Modern Slang, Cant and Vulgar Words, 1869, privilégiait la première explication :
Cotton, to like, adhere to, or agree with any person; “to COTTON on to a man,” to attach yourself to him, or fancy him, literally, to stick to him as cotton would.
[Cotton, aimer, s’attacher à ou s’accorder avec quelqu’un ; « to COTTON on to a man », s’attacher à lui, ou avoir de l’affection pour lui, littéralement, lui coller comme le ferait du coton.]
Le nombre de citations employant « cottening » dans un contexte de cour amoureuse, ainsi que la variante « cottening up », suggèrent plutôt que la seconde explication est la bonne ; par exemple, dans la comédie de William Congreve Love for Love, 1695 :
I love to see ‘em hug and cotten together, like Down upon a Thistle.
[J’aime les voir s’enlacer et se coller l’un à l’autre, comme du duvet sur un chardon.]
On cite parfois aussi l’attachement des fils de coton aux bobines des métiers à tisser comme origine de « cottoning on », mais rien ne vient étayer cette idée. Aucune des premières citations de l’expression ne fait référence à ce contexte.
« Cottoning on », dans son usage actuel, dérive du sens « s’attacher à quelque chose », en particulier à une idée que l’on découvre pour la première fois. On pourrait raisonnablement penser qu’au moins une des variantes de cette expression aurait été forgée dans l’une des grandes régions productrices de coton du monde anglophone, comme l’Inde ou les États-Unis. Or il n’en est rien, ce qui renforce l’idée que cette expression n’a guère de lien avec la plante de coton elle-même. « Cotton to » a été forgé au Royaume-Uni, et les premiers usages répandus de « cotton on to » se trouvent en Nouvelle-Zélande et en Australie. Le plus ancien exemple que l’on puisse trouver vient du journal néo-gallois The Maitland Mercury & Hunter River General Advertiser, mars 1883, relatant une course de chevaux locale :
A lot [of backers] then cottoned on to Sahara, who was a strong favourite.
[Un grand nombre [de parieurs] se sont alors ralliés à Sahara, qui était le grand favori.]
Cette citation fut suivie de près par une référence dans un journal néo-zélandais, The Wanganui Herald, juin 1893 :
The Kaierau forwards are just beginning to cotton on to the passing game.
[Les avants de Kaierau commencent tout juste à comprendre le jeu de passes.]
Il semble que « cotton to » et « cotton on to » dérivent tous deux de la même racine, le verbe « to cotton ». Au Royaume-Uni et dans ses anciennes colonies, l’expression s’est fixée sous la forme « cotton on to », avec le sens de « se former une compréhension de quelque chose », tandis qu’aux États-Unis elle est restée « cotton to », avec le sens de « se prendre d’affection pour ».