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Quelle est l'origine de l'expression « Beyond the pale » ?

La signification de l'expression

« Beyond the pale » désigne un comportement qui sort des limites de ce qui est acceptable ou convenable.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « Beyond the pale » ? La version rapide

L’expression « beyond the pale » est souvent confondue avec « beyond the pail », mais elle n’a rien à voir avec des seaux. Un « pale » est un pieu ou un morceau de bois pointu. Le terme apparenté « paling » se retrouve dans « paling fence » (clôture de pieux) et dans « impale » (empaler).

Le « pale » désignait la zone enclose et sûre, à l’intérieur de la clôture de pieux. Être « beyond the pale » signifiait se trouver en dehors de cette zone d’habitation reconnue. Catherine la Grande a établi la Zone de résidence en Russie en 1791 pour les Juifs, restreignant ainsi le commerce entre Juifs et Russes. Certains Juifs étaient autorisés à vivre « beyond the pale ».

La citation la plus ancienne de l’expression se trouve dans le poème de 1657 de John Harington, The History of Polindor and Flostella. Le poème délivre un message clair : « les gens convenables restent à l’intérieur du pale ».

Aujourd’hui, l’expression signifie au sens figuré se situer en dehors de la norme acceptée.

Quelle est l’origine de l’expression « Beyond the pale » ? L’histoire complète

Commençons par clarifier l’orthographe : il s’agit de « beyond the pale » et non de « beyond the pail », l’expression n’a rien à voir avec des seaux.

L’usage courant du mot « pale » est celui d’un adjectif signifiant pâle ou clair (utilisé en ce sens par le groupe Procol Harum et dans d’innombrables publicités de peinture).

Cependant, il existe une autre signification de « pale » : « un pieu ou un morceau de bois pointu ». Ce sens est aujourd’hui pratiquement obsolète, sauf dans cette expression. Une variante, « paling », est toujours utilisée, comme dans « paling fence » (clôture de pieux) et « impale » (empaler, comme dans les films sur Dracula).

La clôture de pieux est importante car le terme « pale » en est venu à désigner la zone enclose par une telle clôture, puis, au sens figuré, « la zone enclose et sûre ». Être « beyond the pale » signifiait donc se trouver en dehors de la zone reconnue comme « chez soi ».

Catherine la Grande a créé la Pale of Settlement (Zone de résidence) en Russie en 1791. C’était le nom donné à la région frontalière occidentale du pays, où les Juifs étaient autorisés à vivre. Cette mesure visait à restreindre le commerce entre les Juifs et les Russes de souche. Certains Juifs étaient autorisés, par concession, à vivre « beyond the pale ».

Des zones de ce type ont été instaurées dans plusieurs autres pays européens pour des raisons politiques similaires, notamment en Irlande (la Zone de Dublin) et en France (la Zone de Calais, formée dès 1360).

L’expression elle-même est apparue plus tard. La première référence imprimée date de 1657, dans le poème lyrique de John Harington, The History of Polindor and Flostella. Dans cette œuvre, le personnage Ortheris se retire avec sa bien-aimée dans un pavillon de campagne pour « le calme, la tranquillité et le repos », mais ils s’aventurent ensuite plus loin :

“Both Dove-like roved forth beyond the pale to planted Myrtle-walk” [Tous deux, comme des colombes, s’aventurèrent au-delà du pale jusqu’à l’allée de myrtes plantée]

Une telle imprudence se termine rarement bien dans la poésie du XVIIe siècle, et les amants sont bientôt attaqués par des hommes armés portant « maints coups mortels et cruels ». Le message est clair : « s’il y a un pale, les gens convenables restent à l’intérieur », ce qui correspond exactement au sens figuré de l’expression telle qu’elle est utilisée aujourd’hui.

Comme l’a utilement souligné un correspondant, bien que le poème de Harington ait été publié en 1657, l’auteur est mort en 1612. Cette date, et probablement quelques années plus tôt encore, doit donc être considérée comme la date limite pour l’origine de « beyond the pale ».