Quelle est l'origine de cette expression ?
Quelle est l’origine de l’expression « Cold comfort » ?
Cette expression remonte au XIVe siècle. Le poème allitératif E. E. Allit. contient la ligne : « Lorde ! colde watz his cumfort » (« Seigneur, comme son réconfort était froid »).
Elle fut reprise par plusieurs auteurs de la littérature ancienne, notamment Chaucer et Shakespeare, qui l’utilisa à plusieurs reprises, par exemple :
The Taming of the Shrew, 1596 :
GRUMIO: Am I but three inches? why, thy horn is a foot; and so long am I at the least. But wilt thou make a fire, or shall I complain on thee to our mistress, whose hand, she being now at hand, thou shalt soon feel, to thy cold comfort, for being slow in thy hot office?
(Grumio se plaint que, s’il ne fait pas de feu, il devra en répondre à leur maîtresse, dont la main s’abattra bientôt sur lui, à son grand déplaisir, pour avoir tardé dans sa tâche.)
King John, 1595 :
KING JOHN: Poison’d,—ill fare—dead, forsook, cast off: And none of you will bid the winter come To thrust his icy fingers in my maw, Nor let my kingdom’s rivers take their course Through my burn’d bosom, nor entreat the north To make his bleak winds kiss my parched lips And comfort me with cold. I do not ask you much, I beg cold comfort; and you are so strait And so ingrateful, you deny me that.
(Le roi Jean, empoisonné et abandonné de tous, se lamente que personne ne veuille même lui apporter le froid de l’hiver pour apaiser ses souffrances : un maigre réconfort qu’on lui refuse malgré sa faiblesse.)
Stella Gibbons reprit l’expression pour le titre de sa parodie de 1932 des romans ruraux classiques de Hardy et d’auteurs similaires : Cold Comfort Farm.