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Quelle est l'origine de l'expression « 23 skidoo » ?

La signification de l'expression

« 23 skidoo » est une expression argotique américaine signifiant qu'il faut partir immédiatement, s'en aller vite fait.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « 23 skidoo » ?

Touristes américains, n’essayez pas d’utiliser cette expression au Royaume-Uni : personne ne saura de quoi vous parlez.

On ne sait pas avec certitude comment est née l’expression « 23-skidoo » (parfois orthographiée skiddoo). Les théories concurrentes sont nombreuses, ce qui trahit un doute persistant. Il semble que « 23 » soit apparu comme un mot à la mode aux États-Unis au début du XXe siècle, et l’expression n’a guère voyagé hors des frontières américaines depuis lors.

En 1899, George Ade a tenté d’expliquer ce terme argotique de « twenty-three » (vingt-trois) dans un récit paru en octobre 1899 dans le Washington Post :

“By the way, I have come upon a new piece of slang within the past two months and it has puzzled me. I just heard it from a big newsboy who had a ‘stand’ on a corner. A small boy with several papers under his arm had edged up until he was trespassing on the territory of the other. When the big boy saw the small one he went at him in a threatening manner and said: ‘Here! Here! Twenty-three! Twenty-three!’. […] I happened to meet a man who tries to ‘keep up’ on slang and I asked the meaning of ‘Twenty-three!’. He said it was a signal to clear out, run, get away. In his opinion it came from the English race tracks, twenty-three being the limit on the number of horses allowed to start in one race. […] Another student of slang said the expression originated in New Orleans at the time an attempt was made to rescue a Mexican embezzler who had been arrested there. […] when one of them shouted ‘Twenty-three,’ the crowd was to scatter in all directions, and the prisoner was to run back through the corridor. […] I don’t vouch for either of these explanations. But I do know that ‘twenty-three’ is now a part of the slangy boy’s vocabulary.”

[« Au fait, je suis tombé depuis deux mois sur une nouvelle expression argotique qui me laisse perplexe. Je l’ai entendue de la bouche d’un grand vendeur de journaux installé à un coin de rue, lorsqu’il chassa un plus jeune concurrent en criant « Vingt-trois ! Vingt-trois ! ». J’ai ensuite rencontré un connaisseur de l’argot à qui j’ai demandé le sens de ce mot. Selon lui, c’était un signal pour déguerpir, courir, s’en aller, une expression qui viendrait des champs de courses anglais, vingt-trois étant le nombre maximal de chevaux admis à s’aligner dans une course : plus aucune raison d’attendre au poteau de départ, il fallait courir. Un autre connaisseur de l’argot rattachait l’expression à La Nouvelle-Orléans, à l’occasion d’une tentative avortée de libérer un escroc mexicain arrêté sur place : ses complices devaient crier « Vingt-trois » pour disperser la foule et permettre au prisonnier de s’enfuir par un passage. Je ne garantis ni l’une ni l’autre de ces explications, mais je sais que « vingt-trois » fait désormais partie du vocabulaire argotique des garçons. »]

« Skiddoo » est un autre terme argotique apparu à la même époque et dans le même contexte, signifiant à peu près la même chose que « skedaddle », c’est-à-dire partir, s’en aller, décamper.

Voici quelques théories, parmi d’autres, sur la manière dont « 23 » et « skidoo » se seraient combinés :

“1. In Charles Dickens’ Tale of Two Cities, Sidney Carton is No. 23 of a multitude executed by the guillotine. […] the old woman emotionlessly saying ‘twenty-three’ as he is beheaded. ‘Twenty-three’ quickly became a popular catchphrase among the theater community in the early twentieth century.” - Who Put the Butter in Butterfly? by David Feldman, Harper & Row.

[« 1. Dans Un conte de deux villes de Dickens, Sidney Carton est le numéro 23 parmi les condamnés à la guillotine. Dans l’adaptation théâtrale « The Only Way », une vieille femme compte les têtes qui tombent et prononce sans émotion « vingt-trois » quand vient le tour de Carton. L’expression devint vite une formule populaire dans le milieu théâtral, signifiant : il est temps de partir tant que c’est possible. »]

“2. …in the first few years of the century, memorabilia sold at vacation resorts and fairs were emblazoned with either 23 or Skidoo, and the two soon met.” (Dalzell quoting Partridge.)

[« 2. Dans les premières années du siècle, des souvenirs vendus dans les foires et lieux de villégiature portaient l’inscription 23 ou Skidoo, et les deux se sont vite associés. »]

“3. Tom Lewis originated the fad word ‘23’ in ‘Little Johnny Jones’ in 1904, and ‘Skidoo’ was tacked on later.” (Dalzell quoting Partridge.)

[« 3. Tom Lewis aurait lancé le mot à la mode « 23 » dans la comédie musicale « Little Johnny Jones » en 1904, « Skidoo » y ayant été ajouté plus tard. »]

“4. 23 was possibly derived from a telegraphic shorthand code, not unlike trucker CB code, meaning Away with you!” (Dalzell quoting Partridge.)

[« 4. « 23 » viendrait peut-être d’un code télégraphique abrégé, comparable au code radio des routiers, signifiant « Va-t’en ! » »]

“5. Thomas Aloysius Dorgan (TAD), a cartoonist and sportswriter, coined the phrase. […] Skidoo was simply a fanciful variant of skedaddle.” (Feldman)

[« 5. Thomas Aloysius Dorgan (TAD), dessinateur et journaliste sportif, aurait forgé l’expression. Le chiffre 23 seul apparaît dans une bande dessinée publiée le 16 février 1902. « Skidoo » ne serait qu’une variante fantaisiste de « skedaddle ». »]

Selon The Dictionary of Contemporary Slang de Tony Thorne (Pantheon Books), « skedaddle » remonte à la guerre de Sécession et serait probablement une forme dialectale de scatter (disperser) ou de scuttle (déguerpir).

“6. 23-skidoo came from an expression that construction workers used while building the Flatiron Building on 23rd Street in N.Y.C. […] the workers sat on the sidewalk to eat their lunches, they would watch women’s skirts blow up from the sudden gusts.”

[« 6. « 23-skidoo » viendrait d’une expression des ouvriers ayant construit le Flatiron Building, sur la 23e rue à New York, l’une des plus larges de la ville, formant un véritable tunnel à vent entre l’East River et l’Hudson. Les ouvriers, en déjeunant sur le trottoir, observaient les jupes des femmes se soulever sous les bourrasques soudaines à chaque coin de rue. »]

“7. The phrase originated in the Panimint Mountains in Death Valley in the early 1900s. The mining town of Skidoo had 23 saloons and if you were going to go get drunk you would try to get a drink at each of the saloons.”

[« 7. L’expression serait née dans les montagnes Panamint, en Vallée de la Mort, au début des années 1900. La ville minière de Skidoo comptait 23 saloons, et l’on essayait de boire un verre dans chacun d’eux. C’est ainsi que serait née l’expression désignant une soirée bien arrosée. »]

Quelle qu’en soit l’origine exacte, le terme connut une grande vogue aux États-Unis en 1906. Cette année-là, on trouve de nombreux exemples de son emploi dans les journaux américains, alors qu’aucune occurrence n’est attestée avant 1905.