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Quelle est l'origine de l'expression « To boldly go where no man has gone before » ?

La signification de l'expression

C'est la formule d'ouverture emblématique de Star Trek, qui annonce l'exploration de mondes inconnus et qui est aussi célèbre pour son infinitif scindé audacieux.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « To boldly go where no man has gone before » ?

Ce texte d’introduction a été prononcé au début de nombreux épisodes et films de Star Trek, à partir de 1966 :

Space: The final frontier These are the voyages of the Starship, Enterprise Its 5 year mission To explore strange new worlds To seek out new life and new civilizations To boldly go where no man has gone before

[L’espace : l’ultime frontière. Voici les voyages du vaisseau spatial Enterprise. Sa mission, prévue pour durer cinq ans : explorer des mondes étranges et nouveaux, rechercher de nouvelles formes de vie et de nouvelles civilisations, et s’aventurer hardiment là où aucun homme n’est jamais allé.]

Cette phrase a ravivé le vieux débat sur les infinitifs scindés, ces constructions où un adverbe s’intercale entre le « to » et le verbe. Les grammairiens encore attachés à cette règle dans les années 1960 estimaient que « to boldly go » aurait dû s’écrire « to go boldly ». La querelle couvait depuis près d’un siècle. Dès 1897, le magazine Academy jugeait quelque peu pédante l’insistance à condamner les infinitifs scindés :

“Are our critics aware that Byron is the father of their split infinitive? ‘To slowly trace’, says the noble poet, ‘the forest’s shady scene’.”

[Nos critiques savent-ils que Byron est le père de leur infinitif scindé ? « To slowly trace », dit le noble poète, « the forest’s shady scene ».]

Aujourd’hui, la plupart des autorités linguistiques ont accepté Star Trek dans le giron grammatical et ne s’offusquent plus guère, du moins publiquement, de « to boldly go ».

Dès 1966, on se souciait davantage du sexisme implicite que de la grammaire douteuse, et les producteurs de la série furent critiqués pour le « no man » de la formule. Malgré l’argument traditionnel selon lequel « man » désignerait aussi la femme, c’est à dire que « man embraces woman », les producteurs de Star Trek : The Next Generation, diffusée à partir de 1987, optèrent pour une dernière ligne plus politiquement correcte : « Where no one has gone before ». Dans cette série, où Patrick Stewart, notoirement chauve, incarnait le commandant, les plaisantins ne manquèrent pas de détourner la phrase en « to baldly go », un clin d’œil moqueur à sa calvitie.