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Quelle est l'origine de l'expression « Put on your thinking cap » ?

La signification de l'expression

« Put on your thinking cap » signifie se mettre à réfléchir sérieusement à un problème, comme si l'on coiffait un couvre-chef spécial destiné à stimuler la réflexion.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « put on your thinking cap » ?

Ce que l’on appelle aujourd’hui un « thinking cap » portait autrefois le nom bien plus charmant de « considering cap ». Ce terme a totalement disparu de l’usage courant, mais on le trouvait déjà au début du XVIIe siècle, comme dans cet exemple tiré de Robert Armin, dans Foole upon foole, 1605 :

“The Cobler puts off his considering cap, why sir, sayes he, I sent them home but now.” [Le cordonnier retire son bonnet de réflexion, pourquoi monsieur, dit il, je les ai renvoyés chez eux à l’instant.]

Cela peut sembler étrange, mais les gens portaient réellement des bonnets de réflexion lorsqu’ils devaient examiner des problèmes difficiles.

La citation la plus ancienne que l’on puisse trouver pour le terme « thinking cap » provient des États Unis, dans le journal du Wisconsin The Kenosha Times, en juillet 1857 :

“This tendency is a very good thing as the safeguard of our independence from the control of foreign power, and it obliges every man to keep his thinking cap on.” [Cette tendance est une très bonne chose, garante de notre indépendance face au contrôle d’une puissance étrangère, et elle oblige chaque homme à garder son bonnet de réflexion sur la tête.]

Cette citation emploie le terme au sens figuré : rien n’indique qu’il s’agisse d’un véritable bonnet. La figure qui vient à l’esprit lorsqu’on imagine qui pourrait porter un tel couvre-chef est Sherlock Holmes. Dans les récits, on le décrit s’installant en robe d’intérieur pour méditer sur ses problèmes « à trois pipes ». Rien ne prouve cependant qu’il portait un bonnet en plus de sa robe.

Il est pourtant possible que de tels bonnets aient réellement existé. Le « considering cap » est décrit longuement, du moins dans la fiction, dans The History of Little Goody Two-Shoes, 1765, qui inclut même une gravure :

“…a considering Cap, almost as large as a Grenadier’s, but of three equal Sides; on the first of which was written, I MAY BE WRONG; on the second, IT IS FIFTY TO ONE BUT YOU ARE; and on the third, I’LL CONSIDER OF IT.” […un bonnet de réflexion, presque aussi grand que celui d’un grenadier, mais à trois côtés égaux, sur le premier desquels était écrit JE PEUX AVOIR TORT, sur le second IL Y A CINQUANTE CONTRE UNE CHANCE QUE VOUS AYEZ TORT, et sur le troisième J’Y RÉFLÉCHIRAI.]

Un tel objet nous serait peut être bien utile aujourd’hui, comme le poursuit le texte :

“…it strictly enjoined the Possessor to put on the Cap, whenever he found his Passions begin to grow turbulent, and not to deliver a Word whilst it was on.” […il ordonnait strictement à son possesseur de mettre le bonnet chaque fois qu’il sentait ses passions devenir turbulentes, et de ne prononcer aucun mot tant qu’il le portait.]

Je n’ai trouvé aucune trace de véritables bonnets de réflexion. Néanmoins, la métaphore a dû naître pour une raison, et l’existence réelle de tels bonnets en est une aussi plausible qu’une autre. Les citations contenant des tournures comme « I must put on my thinking cap » restent ambiguës, car il est difficile de déterminer si elles désignent un véritable couvre-chef. Je laisse cette question aux archéologues.