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Quelle est l'origine de l'expression « Pour oil on troubled waters » ?

La signification de l'expression

« Pour oil on troubled waters » signifie apaiser un conflit ou une situation tendue en intervenant avec calme et diplomatie.

Quelle est l'origine de cette expression ?

Quelle est l’origine de l’expression « pour oil on troubled waters » ?

Le mot anglais « troubled » signifie agité et perturbé, que ce soit à propos de l’esprit ou d’éléments physiques comme l’eau ou le ciel, depuis au moins le XIVe siècle. En choisissant le singulier « water » plutôt que « waters » pour le titre de leur album et single de 1970, Bridge over Troubled Water, Simon and Garfunkel revenaient à l’usage d’origine. Aujourd’hui, on dit plus couramment « troubled waters », mais les références plus anciennes s’en tiennent au singulier « troubled water » ; on le voit par exemple chez J. Walker dans A true report of the disputation or rather priuate conference had in the Tower of London, with Ed. Campion Iesuite, 1581 :

“Ffiij, It is troubled water when we mingle our workes and righteousnes with Gods.”

[« C’est une eau trouble lorsque nous mêlons nos œuvres et notre droiture à celles de Dieu. »]

On trouve des références encore plus anciennes à la « mer/onde troublée », comme dans la traduction de la Bible par John Wyclif, en 1388 :

“The troblid flood that moistith Egipt.”

[« Le flot troublé qui abreuve l’Égypte. »]

Le déversement de pétrole dans la mer n’a pas bonne presse depuis les nombreuses catastrophes écologiques causées par des pétroliers naufragés rejetant des milliers de tonnes de brut dans les océans du monde. Autrefois, on versait délibérément de modestes quantités d’huile dans la mer pour prévenir la formation de grosses vagues. Cette expression fait allusion à l’effet apaisant de l’huile sur le mouvement des vagues lorsqu’elle s’étale à la surface de la mer. De très petites quantités d’huile peuvent couvrir une surface étonnamment vaste en formant une couche d’à peine quelques molécules d’épaisseur. La tension superficielle de cette pellicule d’huile agit comme une fine peau, très efficace pour calmer une eau « troubled ».

« L’huile étalée sur l’eau peut devenir aussi fine que quelques centaines de nanomètres. »

L’effet apaisant de l’huile était connu des Grecs anciens. En 1762, Benjamin Franklin reproduisit une expérience réalisée pour la première fois par Pline, qu’il rapporta dans A Letter from Benjamin Franklin to William Brownrigg, 1773 :

“At length being at Clapham, where there is on the common a large pond which I observed one day to be very rough with the wind, I fetched out a cruet of oil and dropped a little of it on the water. I saw it spread itself with surprising swiftness upon the surface; but the effect of smoothing the waves was not produced; for I had applied it first on the leeward side of the pond where the waves were greatest; and the wind drove my oil back upon the shore. I then went to the windward side where they began to form; and there the oil, though not more than a teaspoonful, produced an instant calm over a space several yards square which spread amazingly and extended itself gradually till it reached the lee side, making all that quarter of the pond, perhaps half an acre, as smooth as a looking glass.”

[« Étant enfin à Clapham, où se trouve sur le terrain communal un grand étang que j’observai un jour très agité par le vent, je sortis une burette d’huile et en versai un peu sur l’eau. Je la vis s’étaler avec une rapidité surprenante à la surface ; mais l’effet d’apaisement des vagues ne se produisit pas, car je l’avais appliquée d’abord du côté sous le vent de l’étang, où les vagues étaient les plus fortes, et le vent repoussait mon huile vers le rivage. Je me rendis alors du côté du vent, où les vagues commençaient à se former ; et là, l’huile, bien qu’à peine une cuillerée à café, produisit un calme instantané sur un espace de plusieurs mètres carrés, qui s’étendit de façon étonnante et gagna progressivement jusqu’au côté sous le vent, rendant tout ce quart de l’étang, peut-être un demi-arpent, lisse comme un miroir. »]

L’usage de « waters », par opposition à « water », apparut à la fin du XVIIIe siècle ; on le trouve par exemple dans les Essays, literary, moral and philosophical de Benjamin Rush, 1798 :

“His presence and advice, like oil upon troubled waters, have composed the contending waves of faction.”

[« Sa présence et ses conseils, comme de l’huile sur des eaux troublées, ont apaisé les vagues contraires de la discorde. »]